Covid-19 : À New Delhi, pas de vaccin pour les trieurs de déchets

Les mains nues, sans masque ni eau potable, les chiffonniers de New Delhi (Inde) collectent et trient les déchets. Mais faute de moyens et de priorité, ils n'ont pas accès au vaccin contre le coronavirus. "Les fonctionnaires ont droit au vaccin, la police a droit au vaccin, témoigne l'une d'eux. Et nous, nous ne sommes pas des êtres humains ? Nous ramassons les déchets de vos maisons, si l'un d'entre nous tombe malade, il peut en infecter dix autres." Pas d'argent pour payer les vaccins Plus de 1 300 tonnes d'ordures sont déversées dans une décharge, formant un amoncellement plus haut qu'un immeuble de 17 étages. Chaque jour, des milliers de personnes viennent y fouiller pour récupérer ce qu'ils peuvent. Apres un tri, les déchets sont revendus, assurant un revenu d'environ deux euros par jour, à peine de quoi se nourrir. "Nous vendons beaucoup moins à cause de la pandémie", explique une femme. "Nos revenus ont baissé. Comment payer pour des vaccins alors que nous avons tant de mal à nous en sortir chaque jour ?" Ces trieurs de déchets n'ont aucun statut officiel, alors que leur rôle est essentiel pour l'environnement. Selon le groupe de recherche Chintan, ce système de recyclage permet en effet d'économiser 50 millions de dollars au gouvernement local et d'éliminer 900 000 tonnes de dioxyde de carbone par an.