Sur le Covid-19 à l'école, Véran n'a pas la même analyse que Blanquer

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Véran et Blanquer n'ont pas la même analyse que Blanquer sur le Covid-19 à l'école (photo d'illustration des deux ministres le 25 novembre 2021 à Paris) (Photo: POOL New via Reuters)
Véran et Blanquer n'ont pas la même analyse que Blanquer sur le Covid-19 à l'école (photo d'illustration des deux ministres le 25 novembre 2021 à Paris) (Photo: POOL New via Reuters)

POLITIQUE - “C’est chez les enfants que le virus circule le plus”. En annonçant ce mercredi 22 décembre l’ouverture de la vaccination à tous les enfants de 5 à 11 ans, le ministre de la Santé Olivier Véran a alerté sur la propagation importante du virus chez les plus jeunes. Quitte à contredire au passage son collègue à l’Éducation nationale.

Feu vert de toutes les autorités sanitaires et indicateurs épidémiologiques explicites. Ce sont les deux arguments d’Olivier Véran pour justifier la décision du gouvernement d’élargir la campagne vaccinale aux plus jeunes.

“Vous avez un taux d’incidence qui fait qu’aujourd’hui, il y a un enfant sur 100 positif au Covid. Le taux d’incidence est de 1000 pour 100.000 habitants. C’est dans cette population des enfants que le virus circule le plus”, a-t-il assuré sur le plateau de RMC dans la matinée.

Comme le montre notre graphique ci-dessous, le taux d’incidence des 6-10 ans a commencé à dépasser celui des adultes début septembre et dans les semaines qui ont suivi la rentrée scolaire.

Le ministre de la Santé a expliqué cette augmentation “parce que les enfants sont brassés à l’école, qu’ils se sont croisés, qu’ils ont joué, parce que le respect des gestes barrières est plus difficile, parce qu’ils ne sont pas vaccinés et qu’ils ne pouvaient pas l’être jusqu’à présent”.

Comprendre: l’école était un lieu privilégié de contamination, et la vaccination peut y remédier. Mais cette analyse risque de déplaire à Jean-Michel Blanquer.

La rentrée scolaire sera-t-elle déplacée?

Début décembre, le ministre de l’Éducation nationale a ainsi refusé de parler d’“explosion” des contaminations, affirmant que “le mot est trop fort”. Il a reconnu un “taux d’incidence qui est en train d’augmenter” mais l’a expliqué par la hausse du nombre de tests réalisés au sein des établissements scolaires.

Après des débuts très laborieux, les dépistages sont effectivement plus réguliers dans les écoles. Toutefois, contrairement aux affirmations du ministre de l’Éducation, cela ne suffit pas à expliquer l’augmentation du taux d’incidence.

Les taux de positivité (le nombre de personnes testées positives, par rapport au nombre de personnes testées) entre les enfants et les adultes sont en effet très proches: 5,6 pour les enfants début décembre, 6,9 pour les adultes. Or, si le nombre de contaminations n’explosait pas dans les écoles, le taux de positivité aurait dû être particulièrement faible, au vu du nombre de tests réalisés.

Pour faire face contre l’épidémie à l’école, le gouvernement a renforcé le protocole sanitaire et mise sur les vacances pour développer le taux de couverture vaccinale des plus jeunes. Défendant coûte que coûte le maintien des écoles ouvertes, Jean-Michel Blanquer ne veut appliquer qu’“en dernier ressort” l’idée de Valérie Pécresse qui veur repousser la rentrée de janvier. Sur ce point, Olivier Véran est raccord avec son collègue mais il prévient que la donne pourrait évoluer la semaine prochaine.

À voir également sur Le HuffPost: Va-t-on multiplier les rappels contre le Covid-19 ?

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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