Couvre-feu, violences urbaines: Gérald Darmanin appelle les préfets à la fermeté pour la nuit du 31

Justine Chevalier
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Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, le 2 décembre 2020 à Paris  - Thomas COEX © 2019 AFP
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, le 2 décembre 2020 à Paris - Thomas COEX © 2019 AFP

Fermeté et vigilance pour le 31 décembre. Alors que le couvre-feu sera en vigueur pour cette soirée et nuit du Nouvel An, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a demandé aux préfets de prendre des mesures pour lutter en "priorité" contre les "rassemblements non-autorisés" et les "violences urbaines" d'ici la fin de l'année, en particulier pendant la nuit de la Saint-Sylvestre.

"La priorité doit être donnée ces prochains jours à la lutte contre les rassemblements non autorisés et les phénomènes de violences urbaines", écrit le ministre dans ce télégramme adressé lundi aux représentants de l'État.

Des contrôles "visibles"

Début décembre, le ministre de l'Intérieur avait déjà précisé que plus de 100.000 policiers et gendarmes seraient mobilisés pour cette soirée du 31 afin de faire respecter les interdictions de rassemblements dans l'espace public, mais aussi les déplacements individuels dans le cadre des mesures de restriction de circulation à partir de 20 heures liées à la lutte contre l'épidémie de coronavirus.

Dans ce cadre, le locataire de Beauvau demande aux préfets de mettre en place des dispositifs de contrôle "visibles" dès l'entrée en vigueur du couvre-feu et de concentrer l'action des forces de l'ordre "dans les centres-villes et les quartiers et les zones sensibles les plus sujets à ces phénomènes" afin, ajoute-t-il, "de vous assurer de l'affirmation de l'autorité de l'État en chaque point du territoire national".

Les transports publics fermés à 20 heures?

Parmi les pistes évoquées par le ministre de l'Intérieur, la possibilité de "fermer tout ou partie des transports publics à compter de 20 heures" doit être mise à l'étude, tout comme la "sécurisation" des chantiers. Dans ce télégramme, Gérald Darmanin demande également aux préfets de prendre "à chaque fois que possible" des "arrêtés d'interdiction de vente de combustibles dans des contenants transportables" ou "de vente d'alcool à emporter".

Le ministre appelle aussi à mener des "opérations de contrôle et de sensibilisation" auprès "des revendeurs d'artifices" et à solliciter des réquisitions auprès des procureurs pour effectuer des "contrôles d'identité appropriés" et des "fouilles de véhicules" afin de "s'assurer de l'absence de transport d'éléments dangereux susceptibles d'être utilisés contre les forces de sécurité intérieure".

Identifier les organisateurs de fêtes clandestines

Autre crainte du gouvernement en cette période d'épidémie de coronavirus: les "fêtes clandestines", qui se multiplient ces dernières semaines et qui ont donné lieu à l'interpellation de quatre personnes à Paris dans la nuit de samedi à dimanche. La consigne du ministère de l'Intérieur est d'intervenir "dans les meilleurs délais", "dès qu'un rassemblement de ce type est signalé". Outre la verbalisation des participants, les forces de l'ordre sont appelées à chercher "prioritairement à identifier les organisateurs".

Enfin, le ministre de l'Intérieur suggère de ne pas communiquer localement sur les incendies de véhicules, pour "éviter tout phénomène de 'compétition'". L'an dernier, plus de 1.450 véhicules avaient été incendiés dans la nuit du 31 décembre 2019 au 1er janvier 2020, soit 13% en plus que l'année précédente. Un triste record.

Article original publié sur BFMTV.com