Couvre-feu, confinement... cet expert répond aux questions du moment

Anthony Berthelier
Couvre-feu, confinement, exemple italien... cet épidémiologiste répond aux questions du moment. (Photo d'illustration prise à Lille, samedi 21 mars)  

POLITIQUE - La vague est là, selon Emmanuel Macron. Elle est amenée à durer et surtout à prendre de l’ampleur. L’épidémie de coronavirus a déjà tué plus de 550 personnes -dont un médecin dans l’Oise- dans une France en état d’alerte. Les pouvoirs publics comme les médecins préparent la suite de la stratégie face au Covid-19 et planchent, notamment sur une prolongation des mesures de confinement. 

En parallèle, plusieurs élus décident d’aller plus loin. Dans le sud de la France et vers la frontière franco-belge, une dizaine de communes a décrété le couvre-feu, interdisant à ses administrés de circuler la nuit. Le tout, alors que l’Italie se claquemure et arrête toute activité productive non essentielle.

Une mesure aussi drastique, généralisée à l’échelle nationale est-elle nécessaire? Le confinement doit-il être prolongé pour être efficace? Nous dirigeons-nous vraiment vers la “tragédie italienne”?

Autant de questions provoquées par une situation aussi inédite qu’incertaine, en Europe et dans le monde. Contacté par Le HuffPost, Pascal Crépey, enseignant-chercheur en épidémiologie et biostatistiques à l’École des hautes études en santé publique à Rennes, nous aide à y voir plus clair.  

  • Le couvre-feu est-il utile contre l’épidémie de coronavirus? 

C’est en tout cas ce que réclament plusieurs responsables politiques, à l’image de Marine Le Pen. La présidente du Rassemblement national prône effectivement pour un couvre-feu généralisé à partir de 20 heures. Une mesure déjà en place dans le département des Alpes-Maritimes et dans plusieurs communes sur le territoire. 

Un dispositif utile? Concrètement non, symboliquement peut-être, estime Pascal Crépey. “Ce qui permet de contrôler une épidémie c’est réduire les contacts entre individus. Est-ce que les individus ont plus de contact la nuit que le jour? A priori non”, répond-il. Mais il insiste cependant sur le possible effet psychologique du couvre-feu: “Il est probable que cela traduise une volonté de mettre la barre un peu...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post