Couvre-feu : 46 millions de Français concernés

Il est 21h, samedi 24 octobre, quand le couvre-feu entre en vigueur. Dans les rues désertes de Reims (Marne), seuls quelques passants sont sur le chemin du retour. "Je travaille en restauration, donc c'est le temps de rentrer chez moi. J'ai une dérogation pour rentrer", explique un riverain. "C'est vrai qu'on a un peu dépassé l'heure, mais voilà, j'espère que s'il y a des flics, ils seront tolérants", tente de se justifier un jeune passant. "Le premier soir, les heures ne sont pas forcément respectées, mais dans la pratique ils ont compris ce qu'il leur était demandé et ils sont restés conciliants", explique un policier en patrouille. Les rues se vident à 21h Partout en France, les mêmes images : des terrasses bondées jusqu'au couvre-feu, avant la fermeture express. "On aimerait bien rester pour servir les gens et se faire un peu plus d'argent. On a que la journée donc on essaye de faire le maximum la journée et on rentre très vite le soir", explique Nicolas Galea, serveur. À 21h, il ne reste que les livreurs et quelques fêtards étourdis. Vivre avec le couvre-feu, une habitude à prendre notamment pour les restaurateurs et les 46 millions de Français.