En cours d’éducation physique, ces stéréotypes qui pénalisent les filles

<a href="https://www.shutterstock.com/es/image-photo/portrait-child-caucasian-girl-stands-net-2199307497" rel="nofollow noopener" target="_blank" data-ylk="slk:Pompous / Shutterstock" class="link ">Pompous / Shutterstock</a>

Malgré les progrès réalisés en termes d’égalité des chances entre les hommes et les femmes au cours des dernières décennies, les attentes concernant les performances des garçons et des filles diffèrent encore selon les matières scolaires. Ainsi, dans les domaines liés aux sciences et technologies, tels que les mathématiques ou la physique, ou encore en éducation physique, les garçons sont censés être plus compétents et avoir de meilleures notes que leurs camarades féminines.

Ces attentes ont un impact sur la manière dont ils estiment leurs propres compétences et se projettent dans des carrières liées à l’éducation physique et au sport. Ils les découragent également de développer un intérêt pour ces études et d’y voir une option pour l’avenir.

Une socialisation différente

Dès leur plus jeune âge, les gens sont soumis à un processus de socialisation qui conditionne bon nombre des décisions qu’ils prendront plus tard. Ce processus est différent pour les hommes et les femmes. Aux premiers stades de la vie, nos décisions les plus importantes concernent souvent les choix d’études.

Les femmes sont censées développer des compétences liées à l’expression des émotions et à la prise en charge des autres. En d’autres termes, dans les rôles qui consistent à veiller au bien-être d’autrui. Cependant, les hommes sont censés développer des compétences liées à la compétitivité et à la réussite.

En sport, les femmes sont censées être douées pour des disciplines telles que la gymnastique, la danse sportive, le patinage, le volley-ball. Dans ces sports, l’expression corporelle et la collaboration avec les autres membres d’une équipe sont encouragées.

En revanche, les hommes sont censés développer des compétences sportives dans des domaines tels que le football, le handball, le cyclisme et le basket-ball. Dans ces derniers sports, la compétitivité, la concurrence et le leadership sont encouragés.

Leer más: Mixité scolaire : que peuvent apporter les cours de récréation « non genrées » ?

Une proportion importante d’enseignants du secondaire agissent sur la base de stéréotypes liés au genre. Et notre étude auprès d’élèves du secondaire suggère que les filles se perçoivent elles-mêmes comme moins compétentes que leurs pairs dans des domaines tels que le football, le basket-ball ou le handball. Cependant, les garçons s’estiment très compétents dans ces domaines et apprécient les activités qui leur permettent de réussir professionnellement.

[Plus de 80 000 lecteurs font confiance à la newsletter de The Conversation pour mieux comprendre les grands enjeux du monde. Abonnez-vous aujourd’hui]

Certains professeurs d’éducation physique continuent de séparer les garçons et les filles en fonction des différentes tâches sportives qu’ils doivent accomplir – par exemple, en demandant aux filles de faire des activités sportives qui demandent moins de force physique et qui sont moins compétitives, en n’organisant pas de groupes mixtes de garçons et de filles pour que tous puissent concourir, etc.

Le fait qu’il y ait moins de femmes professeurs d’éducation physique contribue également à expliquer les différences d’attentes vis-à-vis des garçons et des filles. Ce manque de modèles, démontrant que les femmes peuvent également réussir professionnellement en sport et en éducation physique, empêche de nombreuses filles de se sentir compétentes dans ce type d’activités et de s’y projeter pour l’avenir.

De même, les familles sont influencées par les stéréotypes de genre et transmettent parfois à leurs filles et à leurs fils cet ensemble de croyances sur les différences de compétences.

Modèles médiatiques

Une autre question importante concerne les modèles véhiculés par les médias et d’autres supports culturels tels que les livres, les bandes dessinées ou la musique. À travers tous ces canaux, d’importantes différences entre les sexes peuvent également être observées dans le sport.

Par exemple, la couverture médiatique des exploits sportifs des femmes est souvent dominée par des références à des aspects non sportifs tels que leur apparence physique, leur âge ou leur vie familiale. Les hommes, en revanche, sont dépeints comme indépendants, dominants et athlétiques. En outre, les médias accordent aux femmes un rôle secondaire dans l’actualité sportive, même lorsqu’elles ont obtenu un succès égal ou supérieur à celui des hommes.

Leer más: Sport : ses bienfaits commencent dès l'enfance et se prolongent tout au long de la vie

Tous ces aspects contribuent au fait que les jeunes partagent ces attentes à propos du rôle que les hommes et les femmes devraient jouer dans l’éducation physique et le sport. En ce sens, les filles perçoivent moins l’utilité de l’éducation physique, sous-estiment leurs compétences dans ce domaine, font moins d’efforts pour obtenir de bonnes notes dans cette matière et, en bref, sont moins intéressées que leurs pairs par les études et les carrières liées au sport et à l’éducation physique.

La prise de conscience de ce biais doit nous aider à lutter contre les croyances sexistes dès les cours d’éducation physique.

Faire participer les enseignants du primaire et du secondaire à la recherche de solutions face à ce problème, récompenser leurs initiatives et leurs projets, et intégrer la perspective du genre à tous les stades de la formation des enseignants sont des pistes possibles. Il est également important d’impliquer les familles dans l’ensemble des projets afin que l’enseignement des matières soit exempt de préjugés sexistes.

La version originale de cet article a &#233;t&#233; publi&#233;e sur La Conversation, un site d&#39;actualit&#233;s &#224; but non lucratif d&#233;di&#233; au partage d&#39;id&#233;es entre experts universitaires et grand public.

Lire la suite:

  • Réussite en maths : lutter contre les stéréotypes de genre avec le numérique

  • Faut-il continuer à noter les élèves ?