Coupures d'électricité, incendies... Une canicule record frappe l'Inde et le Pakistan

Un travailleur se désaltère en Inde, le 30 avril 2022 - Narinder NANU / AFP
Un travailleur se désaltère en Inde, le 30 avril 2022 - Narinder NANU / AFP

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Depuis deux mois, l'Inde et le Pakistan sont confrontés à des températures anormalement élevées pour cette période de l'année. Mais depuis quelques jours, une canicule exceptionnelle touche les deux pays, avec des températures avoisinant les 50°C.

Dans certaines parties du Pakistan, le mercure dépasse de près de 8 degrés la normale saisonnière, pour culminer à 48°C dans la région rurale du Sind, d'après la société météorologique locale. Dans la mégalopole indienne de New Delhi, la température a atteint 43,5°C vendredi, et la ville de Barmer, dans l'État du Rajasthan souffrait sous les 45,1°C en début de semaine.

Crise de l'énergie

Conséquence directe de cette chaleur écrasante: la demande énergétique a grimpé dans les deux pays, si bien que les centrales électriques manquent à présent de charbon pour répondre à la demande. Les coupures d'électricité se multiplient, aggravant les conditions de vie de millions d'habitants, déjà accablés par la chaleur.

Plusieurs villes pakistanaises ont ainsi subi jusqu'à huit heures de coupure de courant par jour la semaine dernière, tandis que des zones rurales enregistraient des délestages la moitié de la journée. "Il y a une crise de l'électricité et des délestages dans tout le pays", a déclaré le ministre de l'Énergie, Khurram Dastgir Khan, évoquant les pénuries et des "défaillances techniques".

À New Delhi, les autorités locales estimaient vendredi qu'il reste "moins d'un jour de charbon" en stock dans de nombreuses centrales électriques. "La situation dans toute l'Inde est désastreuse", selon Arvind Kejriwal, ministre en chef de Delhi, qui a mis en garde contre de possibles coupures dans les hôpitaux et le métro de la capitale.

L'Inde a même été contrainte d'annuler certains trains de voyageurs pour accélérer l'acheminement du charbon vers les centrales électriques, selon Bloomberg News. Les réserves de charbon des centrales indiennes ont en effet diminué de près de 17% depuis début avril, tombant à à peine un tiers des niveaux requis, selon la même source.

Sécheresse et incendies

Avec la chaleur extrême, vient la sécheresse. "Sans pluie depuis plus de 57 jours, Calcutta est en proie à la plus longue période de sécheresse de ce millénaire", explique Sanjit Bandyopadhyay du Centre météorologique régional. Normalement, à cette époque de l'année, dans les régions d'altitude de l'État de l'Himachal Pradesh, la pluie, de la grêle et même de la neige tombe.

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Des centaines d'incendies ont donc réduit des forêts de pins en cendres, notamment autour de Dharamsala, la ville où réside le Dalaï Lama. "La plupart de ces incendies sont des feux de terre qui se propagent dans les forêts de pins, les plus vulnérables aux incendies", a précisé le chef des forêts de l'État, Ajay Srivastava.

"Des équipes de pompiers travaillent d'arrache-pied pour éteindre ces feux et aussi pour sauver les animaux sauvages", a-t-il ajouté, en soulignant que les secours ont dû demander l'aide des riverains.

Dans la capitale indienne, plusieurs décharges sont en feu, relâchant des vapeurs toxiques dans l'atmosphère. À Bhalaswa, immense décharge de la ville, la montagne de détritus de 60 mètres de haut est en flammes depuis mardi soir. Trois autres incendies se sont déclarés en moins d'un mois dans la plus grande décharge de la capitale, Ghazipur, gigantesque montagne de déchets haute de 65 mètres.

"Le temps sec et chaud produit un excès de gaz méthane sur les sites de décharge qui déclenche de tels incendies", détaille à l'AFP Pradeep Khandelwal, ex-chef du département de la gestion des déchets de Delhi.

Des zones inhabitables en 2050?

Ce phénomène météorologique extrême est imputé par les chercheurs au réchauffement climatique. Une étude, rédigée par des chercheurs affiliés à l'Imperial College de Londres, que BFMTV.com a pu consulter, confirme le lien entre cette vague de chaleur en cours en Inde et au Pakistan et le réchauffement climatique entraîné par l'activité humaine.

Selon les scientifiques, ces épisodes sont appelés à se répéter de plus en plus fréquemment. Plusieurs zones, dont le sous-continent indien, pourraient même devenir inhabitables, d'ici 2050. "Il y a vraiment un risque que certaines régions du monde deviennent littéralement inhabitables. Et donc ça veut dire qu'il y a une redistribution mondiale de la population qui va s'opérer", résume au micro de BFMTV François Gemenne, auteur principal du Giec.

Article original publié sur BFMTV.com

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