Coupure d'électricité: deux agents d'Enedis en garde à vue

Geoffroy Clavel
Deux syndicalistes agents d'Enedis (ex-ERDF) en Dordogne ont été placés en garde à vue mercredi dans le cadre d'une enquête sur une coupure sauvage d'électricité.

POLITIQUE - La pratique divise les politiques et bascule désormais dans le champ judiciaire. Deux syndicalistes agents d’Enedis (ex-ERDF) en Dordogne ont été interpellés et placés en garde à vue ce mercredi 22 janvier dans le cadre d’une enquête sur une coupure sauvage d’électricité dans une entreprise du département classée Seveso, a-t-on appris auprès du parquet et d’Enedis.

Cette coupure d’électricité est intervenue le 10 janvier dernier. Les deux agents ont été placés en garde à vue dans la matinée à la gendarmerie de Neuvic dans le cadre d’une enquête pour “mise en danger de la vie d’autrui”, a indiqué le parquet de Périgueux, confirmant une information du site Sudouest.fr.

L’enquête faisait suite à une plainte déposée par l’entreprise Neuvic Interspray (qui conditionne des cosmétiques, aérosols, laques), après une coupure sauvage d’électricité qui avait duré trois heures le vendredi 10 janvier, selon Enedis. Outre l’entreprise, Enedis avait aussi déposé plainte.

“Un sacré changement de méthode” 

Les deux agents, membres de CGT-Energie, ont été interpellés pour l’un d’eux au moins à son domicile, a assuré à l’AFP Francis Dezile, secrétaire général de la CGT Energie-Dordogne. Une soixantaine de personnes, syndicalistes CGT principalement mais FO aussi, étaient rassemblés en mi-journée mercredi devant la gendarmerie de Neuvic en soutien de leurs deux collègues, a-t-il dit.

Il a ajouté qu’une nouvelle coupure avait été effectuée ce mercredi matin dans la même entreprise “en solidarité” avec les deux interpellés. Francis Dezile n’était pas en mesure de confirmer si ces gardes à vue étaient une première pour des coupures d’électricité, mais il a dénoncé un “sacré changement de méthode” et un traitement des syndicalistes “comme des délinquants”. 

“C’est jeter de l’huile sur le feu”

“C’est une réponse répressive au lieu d’une réponse politique à des questions sur la réforme des retraites”, a-t-il déclaré. “On est mis au même niveau que des voyous, alors que nous sommes...

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