Coups sur un policier, jets de bouteilles et hélium: une soirée clandestine découverte à Paris en plein couvre-feu

Simon Azélie avec Jeanne Bulant
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La place de la République à Paris. - AFP
La place de la République à Paris. - AFP

La nuit de dimanche à lundi a été longue, prés de la place de la République à Paris. Une personne a été placée en garde à vue, cinq personnes ont été verbalisées et trois personnes blessées après une soirée clandestine organisée dans le centre de la capitale, alors que la France est soumise à un couvre-feu entre 20 heures et 6 heures jusqu'à nouvel ordre en raison du Covid-19. Une enquête a été ouverte et confiée au commissariat de Paris centre afin d'identifier l'organisateur de cette soirée, a appris BFM Paris ce lundi.

Les faits commencent dimanche dernier, un peu avant minuit, dans la rue Béranger du IIIe arrondissement de Paris. Un voisin appelle la police pour signaler une soirée qui a lieu dans un bien qui est régulièrement loué sur internet.

Tapage nocturne, hélium et jets de bouteilles

Lorsque les forces de l'ordre arrivent sur les lieux, la musique se coupe au sein de l'appartement mais les policiers peuvent entendre que du monde se trouve à l'intérieur. Ils sonnent mais la porte reste fermée, et une voix à l'intérieur leur explique ne pas vouloir ouvrir "par peur de la police".

Si l'équipe de police quitte finalement les lieux, un second équipage de police se déplace et va rester sur les lieux. Celle-ci emmènera d'abord au poste de police un homme qui sortira finalement de l'appartement, sans papier ni attestation sur lui. Alors qu'il est emmené, l'individu assène des coups de poing au visage d'un des policiers, et le blesse à l'oeil. L'homme parvient ensutie à s'enfuir, avant d'être finalement rattrapé par la police et d'être placé en garde à vue.

Une surveillance est alors mise en place près de cet appartement du centre de Paris à l'origine d'"énormes tapages" nocturnes, selon la police, notamment à l'aide des caméras de vidéoprotection de la capitale (PVPP).

À 1h27 du matin, le locataire de l'appartement refuse toujours d'ouvrir aux forces de l'ordre, évoquant l'interpellation de l'individu survenue un peu plus tôt. Puis à 2h15, un véhicule Renault Kangoo qui était déjà venu une demi-heure plus tôt stationne devant l'appartement. À deux reprises, le conducteur livre des bouteilles d’aérosol qui s’apparentent à de l’hélium.

Ce n'est qu'à 2h38 que certains fêtards finissent par sortir de l'habitation. Mais la police, en sous-effectif, appelle des renforts qui sont engagés ailleurs et n'arriveront pas. Le groupe rentre donc de nouveau dans l'appartement.

Une personne en garde à vue, cinq verbalisées

À 3h35, la musique est toujours aussi forte, mais les forces de l'ordre doivent attendre 4 heures du matin pour pouvoir de nouveau intervenir, lorsque le Kangoo se rend de nouveau sur place afin de livrer de l'hélium. Lorsqu'il est sur le point de quitter les lieux sur le coup de 4h08, l'homme est interpellé, et reconnaît auprès des forces de l'ordre avoir livré de l'hélium à trois reprises, mais ne pas être monté à l'étage. Selon lui, ce sont les acheteurs de la fête qui sont venus régler l'achat au pied du bâtiment. Il est finalement verbalisé peu avant 4h30 pour non-respect du couvre-feu.

Deux jeunes femmes qui sortent alors de la soirée sont à leur tour sont verbalisées par la BAC. Puis peu avant 5 heures du matin, les forces de l'ordre stationnées devant le bâtiment sont la cible de jets de bouteilles en verre, qui ne feront pas de blessé.

Vers 5h30 du matin, la brigade de sapeurs-pompiers de Paris est appelée sur place car une personne est présentée comme blessée dans l'appartement. À 6h15, les pompiers prodiguent donc les premiers soins à deux personnes blessées, qui présentent différentes plaies. Les deux blessés, âgés de 34 et 27 ans, seront finalement hospitalisés: l'un à Saint-Antoine, l'autre à l'hôpital Lariboisière. Bien qu'ils ne souhaitent pas donner d'explications sur leurs blessures, ils seront tout de même verbalisés pour non-respect du couvre-feu.

L'un d'eux présente des plaies suturables sur le flanc droit, l'avant bras droit, le triceps gauche et la main droite, tandis que l'autre est victime de plaies suturables à la main gauche, dans le dos et au genou gauche.

Article original publié sur BFMTV.com