Coups au niveau de la face, arme contondante: le point du procureur sur le meurtre de Justine Vayrac

La journée de ce jeudi s'est avérée décisive pour l'enquête autour de la disparition de Justine Vayrac à la sortie d'une boîte de Brive-la-Gaillarde le week-end dernier. Le suspect, Lucas L., a d'abord avoué le meurtre. Sur ses indications, le corps de la jeune femme a été retrouvé dans une forêt proche de son domicile.

Un suspect, Lucas L., qui assure au bout de sa garde à vue avoir tué la disparue. Le corps de la victime retrouvé sur ses indications à l'orée d'une forêt proche de son domicile de Beynat, en Corrèze. L'enquête autour de la disparition de Justine Vayrac, à la sortie d'une boîte de nuit de Brive-la-Gaillarde le week-end dernier, a connu ce jeudi de nombreux et cruels développements.

En fin de journée, sur les coups de 18h30, le procureur de la République de Limoges, Baptiste Porcher, a donné une conférence de presse afin d'éclairer ces éléments.

Le suspect évoque un rapport sexuel "consenti"

Le magistrat a notamment précisé l'évolution de la procédure, évoquant l'ouverture d'une information judiciaire pour "viol, séquestration et meurtre précédé ou suivi d’un autre crime", et la mise en examen de Lucas L., 21 ans, pour ces chefs. "Le juge des libertés et de la détention a décidé sa détention provisoire", a précisé le procureur de la République de Limoges.

Baptiste Porcher a également détaillé le contenu des aveux de Lucas L., revenant par conséquent sur le déroulement de la soirée d'après ce dernier. "Quelques heures avant la fin de sa garde à vue, il a reconnu avoir tué sa victime à son domicile", c'est-à-dire l'exploitation agricole familiale, a-t-il souligné avant de noter que le suspect avait bien évoqué une relation sexuelle mais parlé d'un rapport "consenti".

Pour Lucas L., "un coup de poing" est à l'origine de la mort

Lucas L. a ensuite déclaré avoir administré "un coup de poing" à la mère de famille de 20 ans, un coup qui aurait "occasionné sa mort", selon son récit. Il a encore affirmé avoir chargé le corps dans son véhicule avant de se servir d'un "engin agricole pour creuser la terre et enterrer la victime".

Exhumée dans l'après-midi, la dépouille de celle-ci portait des marques pointant vers une "pluralité de coups au niveau de la face", dont "au moins un avec une arme contondante", a posé le procureur de la République. Baptiste Porcher a ajouté que bien que "tout indique que ce corps soit bien celui de Justine Vayrac d'après les premières vérifications", il a annoncé la conduite "dans les meilleurs délais" d'expertises supplémentaires afin de s'assurer de son identité.

Des preuves accablantes

"Il aurait ensuite essayé d’effacer les traces et de brûler le sac", a mis en exergue Baptiste Porcher.

Pourtant, c'est sa négligence qui a, semble-t-il, entraîné sa perte. Car c'est après avoir été confronté par les enquêteurs au sac à main calciné retrouvé près de sa maison, à l'audition d'un témoin affirmant avoir entendu un téléphone ne lui appartenant pas sonner dans sa voiture, et au relevé de traces mal nettoyées que le suspect est passé aux aveux, comme l'a rappelé le procureur de la République de Limoges.

L'homme de lois a enfin brossé à grands traits le parcours du meurtrier présumé, soulignant qu'il n'avait "jamais été condamné" mais avait été mis en examen pour des dégradations". Selon nos informations, Lucas L., a en effet été inscrit au fichier du Traitement des antécédents judiciaires pour l'incendie d'un hangar agricole. "Il faisait l’objet d’un contrôle judiciaire dont il respectait les conditions", a complété Baptiste Porcher. "Une expertise psychiatrique sera conduite pour éclairer la personnalité" du suspect, a achevé le magistrat.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Meurtre de Justine: le maire de Beynat réagit