Un couple jugé pour abus de faiblesse sur des proches ayant gagné à l'Euromillions

Un ticket de l'EuroMillions (photo d'illustration) - MIGUEL MEDINA - AFP
Un ticket de l'EuroMillions (photo d'illustration) - MIGUEL MEDINA - AFP

Un contrat moral, une confiance trahie et un rendez-vous avec la justice. Comme le rapporte France Bleu dans un article consacré à cette affaire peu banale, un couple toulousain est jugé ce mercredi par le tribunal correctionnel de Périgueux, en Dordogne, pour abus de faiblesse sur des personnes vulnérables.

Contrat moral et partage inégal

Selon France Bleu, le dossier débute le 12 août 2014, lorsqu'un couple remporte 513.136,70 euros à l'Euromillions dans un tabac de Montignac, en Dordogne. Seulement, l'homme est aveugle tandis que sa compagne est handicapée à 80%.

Dépassés par cette somme colossale, le couple va faire appel à une nièce, dont le mari est directeur d'agence bancaire, afin de gérer le pactole. C'est alors que le fameux contrat moral est noué, dont les termes sont les suivants: le couple doit assurer, auprès de la Française des Jeux, que le billet gagnant a été payé par les deux couples afin que les gains soient partagés.

Toujours selon France Bleu, la nièce et son banquier de mari empochent finalement 80% de l'argent. Un partage inégal de la richesse, mais, en échange, ils promettent de faire construire aux vrais lauréats une maison à Beauregard-de-Terrasson - ce qui est fait en 2017 - mais également de subvenir à leurs besoins.

Plainte et saisies

C'est en 2020 que les choses tournent au vinaigre. Les vrais vainqueurs découvrent que les 500.000 euros ont en fait été dépensés par la nièce et son mari, et accusent ceux-ci d'avoir épongé leurs propres dettes avec cette somme. En réponse, ils refusent de payer le loyer que le couple toulousain - qui est également propriétaire de la maison de Beauregard-de-Terrasson - leur fait verser mensuellement. Ils se retrouvent alors confrontés à une procédure d'expulsion.

Le couple se tourne vers la justice et décide de déposer plainte. De leur côté, la nièce et son mari banquier réfutent totalement la situation de faiblesse des plaignants, qui étaient selon leur version bien au courant de toute la situation. Comme l'avance France Bleu, tout aurait dérapé à propos de travaux sur la chaudière de la maison.

Dans l'attente du verdict du tribunal, la justice a procédé à plusieurs saisies à titre conservatoire sur le patrimoine des Toulousains, dont la maison occupée par le couple handicapé, mais aussi deux appartements, pour une valeur de 500.000 euros. Ces biens pourraient être définitivement confisqués en cas de condamnation.

Article original publié sur BFMTV.com