Couple de comédiens, comment le confinement a changé nos vies d’artistes et nos créations

Florian Bartsch
Florian Bartsch parodie Louis XVI et Perrine Megret réinterprète

On n’a pas fait notre pain. On n’a pas cousu de masque. On n’a même pas fait le tri qu’on voulait faire dans le bureau. Déjà, au début, on l’a eu pendant 1 semaine. Le coronavirus. Jour 1 de confinement: il nous a été interdit de nous rendre aux obsèques d’un collègue, pile ce jour-là. Et les jours suivants, on a fêté l’un de nos anniversaires, on a croisé les doigts pour que 3 naissances chez nos amis se passent bien, et que 2 malades autour de nous guérissent: tout le monde va bien finalement. Avec notre biculturalité, on a comparé les chiffres et les réactions en France et en Allemagne et on a été interviewé sur le couple confiné par un magazine féminin. À défaut d’une quarantaine isolée et champêtre, notre confinement a été citadin, numérique, un voyage créatif parfois fusionnel, parfois vécu en parallèle.  

 

[Florian Bartsch] Je me retrouve d’abord frappé par le réel. Deux heures après le début officiel du confinement, impossible d’aller à cet enterrement et le soir même, on commençait à applaudir le personnel soignant mais j’avais un sentiment de “pas assez”. Applaudir ne suffisait pas. Alors, j’ai eu l’idée de créer une vidéo d’applaudissements (“The sound of our thanks”) avec ma troupe de “NEW, La comédie musicale improvisée”: chacun chez soi, la saxophoniste applaudit avec son instrument, l’illustratrice avec ses stylos (et son fils), les artistes et techniciens avec leurs mains, tous ensemble, au diapason d’un rythme commun pour alerter et entraîner tout le monde vers une prise de conscience plus forte des conditions de travail du personnel soignant. Ce personnel qui manifeste et nous interpelle depuis des années. Ce clip, je l’ai imaginé, Perrine l’a monté. Ça faisait du bien de le faire ensemble. Ce clip a même failli nous rapporter un projet rémunéré pendant le confinement. 

 

 

En 2019, on m’avait demandé pour la première fois d’adapter en visioconférence mes formations de storytelling pour les entreprises. Mars 2020: ce confinement me donne l’occasion...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post