Coupe d'Europe de rugby: Toulouse un peu plus près des étoiles

·3 min de lecture

Mission accomplie ! Habitué des grands rendez-vous, Toulouse a fait respecter son rang sans briller samedi en demi-finale de la Coupe d'Europe de rugby face à Bordeaux-Bègles (21-9), novice à ce stade de la compétition, et s'est un peu plus rapproché d'une cinquième étoile continentale.

On ne sait pas si l'astronaute français Thomas Pesquet a eu le loisir de suivre le match depuis la Station spatiale internationale, dans laquelle il effectue actuellement son deuxième séjour orbital. Les joueurs du Stade toulousain ont en tout cas mouillé le maillot --dans tous les sens du terme-- qu'il a spécialement aidé à concevoir pour leur campagne européenne cette saison.

Le club de la Ville rose, où ce passionné de rugby a effectué une partie de ses longues études, avait également revu cette semaine la signalétique de son stade, orné jusque sur ses sièges vides du même leitmotiv: "Mission Europe".

La fusée toulousaine a tremblé au décollage contre l'UBB. Après avoir trébuché sur l'avant-dernière marche en 2019 et 2020, les Rouge et Noir ont tout de même réussi cette fois à s'ouvrir les portes de la septième finale de Coupe d'Europe de leur histoire. Leur première depuis 2010, date de leur quatrième sacre, un record qu'ils partagent avec le Leinster.

La province irlandaise, opposée dimanche (16h00) à La Rochelle dans la deuxième demi-finale, pourrait justement constituer leur dernier obstacle dans la conquête d'un cinquième titre, pour ce qui constituerait un choc de titans, le 22 mai dans le stade londonien de Twickenham, devant du public.

- Anniversaire -

Il n'y en avait pas samedi à Ernest-Wallon pour voir Toulouse, inhabituellement fébrile et nerveux, à l'image de son capitaine Julien Marchand, balbutier son rugby sous la pluie en première mi-temps.

Malgré le 15e essai de la saison de son jeune ailier Matthis Lebel, en bout de ligne après une belle claquette de Maxime Médard, et le retour du soleil dans le deuxième acte, cette demi-finale franco-française ne restera pas dans les annales de la Coupe d'Europe en terme de jeu.

Dans un concert d'approximations et de ballons échappés, Toulouse a rendu la moins mauvaise partition, mais a tremblé jusqu'à un essai libérateur en fin de match de l'inévitable Antoine Dupont.

La qualification en finale reste un beau cadeau d'anniversaire, le jour de ses 22 ans, pour Romain Ntamack, dont le match dans le match était très attendu avec son concurrent en équipe de France Matthieu Jalibert, pas toujours récompensé de ses prises d'initiatives.

Le Girondin, lui aussi âgé de 22 ans, avait presque éliminé à lui seul le Racing 92 en quarts de finale en inscrivant les 24 points de son équipe. C'était il y a trois semaines et l'UBB n'avait plus rejoué de match entre-temps, la faute à huit cas recensés de Covid-19 au sein de ses rangs.

Son entraîneur, Christophe Urios, espérait que ce coup du sort sanitaire permettrait à son groupe de "resserrer les liens" et il a effectivement longtemps su faire front, avec beaucoup d'engagement.

Mais dans ces conditions, avec quelques entraînements collectifs seulement et certains cadres absents ou laissés sur le banc au coup d'envoi, l'UBB a fini par plier.

Cette première demi-finale européenne constitue malgré tout un jalon important dans la progression de ce club encore jeune, fondé en 2006 sur les cendres du CABBG.

Il n'a désormais plus comme objectif cette saison de se qualifier pour la première fois pour les phases finales du Top 14. Et de prendre sa revanche sur le Covid, qui avait déjà gâché sa saison 2020 en stoppant net le championnat alors qu'il caracolait en tête.

sdu-jca/chc