« Coup de tête » en Tunisie

Par notre correspondant à Tunis, Benoît Delmas
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L'événement, qui a eu lieu à Chebba autour de la sanction prise contre le club de football du Croissant sportif chebbien (CSC), est emblématique d'un malaise profond entre certaines populations et des structures symbolisant le pouvoir au niveau étatique. 
L'événement, qui a eu lieu à Chebba autour de la sanction prise contre le club de football du Croissant sportif chebbien (CSC), est emblématique d'un malaise profond entre certaines populations et des structures symbolisant le pouvoir au niveau étatique.

Les départs clandestins vers l'Europe sont d'habitude discrets. Passeurs et passagers pour l'immigration par la mer privilégient la pénombre pour masquer leurs contrebandes de frontières. Jeudi, autre protocole à La Chebba, fichée en bord de Méditerranée. Un protocole de la colère. Des habitants ont pris des bateaux pour fuir leur ville. Direction : les côtes italiennes, Lampedusa pour premier objectif. Plusieurs centaines se sont déclarés volontaires pour partir, une vingtaine d'embarcations ont levé l'ancre jeudi dernier, stoppées ensuite par la marine. Cette action spectaculaire, aux aspects d'un Clochemerle version Tunisie, fait suite à une décision de la Fédération tunisienne de football (FTF). Celle-ci a suspendu le club de foot local, le Croissant sportif chebbien (CSC), des compétitions nationales 2020-2021. Le club n'a pas honoré des amendes d'un montant de 180 000 dinars (50 000 euros).

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Cette interdiction a été interprétée comme une vendetta menée par président de la FTF Wadii Al-Jari (« l'audacieux » en arabe). La ville s'est soulevée après l'annonce de la sanction, ses entrées bloquées par des pneus brûlés, ses administrations fermées. Les experts en braseros sociaux ont décrypté l'affaire : une décision prise « en haut » qui fait que les habitants se sentent considérés « comme des citoyens de seconde zone ». Pareille décision, la suspension, n'aurait jamais [...] Lire la suite