Coup de froid puis redoux... Les récoltes des maraîchers bouleversées par un climat imprévisible

(photo d'illustration) - Anthony WALLACE / AFP
(photo d'illustration) - Anthony WALLACE / AFP

La France connaît depuis plusieurs semaines un épisode de douceur exceptionnel pour la saison. Ce mercredi, le mercure atteindra de 16 à 18°C dans le Sud-Ouest et en bord de Méditerranée et tout le territoire connaîtra encore des températures largement au-dessus des saisons.

Et cette douceur a un impact direct sur l'agriculture: cette année, les légumes poussent trop vite et trop tôt.

Des pertes importantes

"L'automne plutôt chaud a fait que ça s'est développé plus que raison", explique à BFMTV Thomas Ravard, maraîcher en Loire-Atlantique.

Conséquence: ses radis sont aujourd'hui déjà beaucoup trop gros. Avec cette taille-là, ils sont même invendables dans les supermarchés et représentent donc une importante perte pour Thomas Ravard.

Dans son exploitation, les choux romanesco, eux, n'ont pas survécu au froid du début du moins de décembre. "Normalement on n'a pas des froids aussi tôt et donc pas cette dégénérescence", déplore-t-il.

Des végétaux fragilisés par l'absence de froid

Et si les plantes sont aussi fragiles face au froid, c'est également à cause de l'extrême douceur, et chaleur, qui a caractérisé l'année 2022.

"Au mois de novembre, nous avons eu un temps invraisemblable qui a empêché les plantes d'entrer en dormance, état qui rend les tissus plus solides, plus résistants au froid", explique Patrick Mioulane, rédacteur en chef de Newsjardintv.

Par conséquent, dès le premier gel de décembre, les plantes ont souffert car elles n'étaient pas préparées à cette baisse soudaine du mercure.

Un décalage du calendrier agricole

"La problématique c'est de savoir combien de temps va durer la douceur. Si elle dure, les végétaux vont continuer à se développer et ils seront d'autant plus sensibles au gel en mars et en avril", explique Serge Zaka, agro-climatologue.

À l'inverse, si le froid revient et que l'on retrouve des températures de saison, la croissance et le développement de ces végétaux va s'arrêter, ou du moins ralentir, rendant les plantes plus résistantes.

Dans l'attente, Thomas Ravard, maraîcher, cherche à diversifier ses cultures mais aussi à modifier son calendrier de semis pour faire face à ce décalage saisonnier du calendrier agricole, qui devrait s'accentuer avec l'aggravation du dérèglement climatique.

Article original publié sur BFMTV.com