Dans les coulisses de la campagne d'Edouard Philippe au Havre

Affable dans les rues du Havre, le Premier ministre manoeuvre en stratège à Paris pour rester à la tête du gouvernement. Paris Match l'a suivi en Normandie. 

Heureux comme Edouard Philippe au Havre. Eloigné de force de sa ville pendant trois mois, le Premier ministre rattrape le temps perdu. Deux jours et deux nuits sur place, cela ne lui était plus arrivé depuis le début de l’épidémie. « C’est très précieux de se sentir chez soi », confie-t-il à Paris Match, samedi 13 juin, en avalant une tasse de café à la terrasse de la brasserie L’Eau tarie, au cœur du quartier piétonnier. Fuyant les médias qui s’interrogent sur son sort à Paris, il fait relâche dans son havre de paix. Dispositif de sécurité réduit, il marche seul dans les rues de la cité normande, où il est candidat à l’élection municipale. Le ciel est capricieux. « Le grain va passer, le soleil va revenir ; c’est comme ça ici », rassure-t-il, économe de ses mots.

Pantalon moutarde, pull vert bouteille, pieds nus dans des mocassins d’été, Philippe respire l’air marin à pleins poumons. Autour de lui, les Havrais ne se jettent pas sur « monsieur le maire », qu’il n’est plus depuis 2017. Rue-Bernardin-de-Saint-Pierre, deux jeunes femmes lui envoient des baisers. Beaucoup de passants lui sourient. D’autres réclament des selfies. Certains s’inquiètent de la tache blanche sur sa barbe, lui conseillent de la teindre. Il s’en amuse, exclut de se raser. « C’est une maladie – un vitiligo – sans gravité, ni douloureuse ni contagieuse », nous révèle-t-il, sans souligner que cette dépigmentation est activée par le stress. Le Premier ministre flâne, écoute les commerçants expliquer la difficile reprise d’activité après le confinement. Le retour à la maison est aussi un retour sur terre. « Ça va passer sans problème, les gens sont fiers de leur Premier ministre », assure Ayman Al Choubli, patron du Zgorthiote, restaurant libanais(...)


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