Les coucous sont menacés par les défenses génétiques des oiseaux qu'ils parasitent

Une équipe anglo-sud-africaine vient de démontrer que l’aptitude des oiseaux parasitant le nid d’autres espèces se transmet uniquement par les mères. Une spécificité génétique qui pourrait bien jouer un sale tour à nos coucous.

C’est une hypothèse vieille de 90 ans qui vient d’être confirmée par l’équipe menée par la professeure Claire Spottiswoode du département de zoologie de Cambridge (Royaume-Uni), Michaël Sorenson de l’université de Boston (États-Unis) et par l’institut d’ornithologie de Cape Town (Afrique du Sud). En 1933, en effet, un généticien britannique, Reginald Punnett, connu pour avoir développé un outil permettant de retrouver les ascendants d’une progéniture, avait émis l’hypothèse que le parasitisme développé par certaines espèces d’oiseaux étaient transmis par la mère. En analysant le génome de 196 anomalospizes parasites (Anomalospiza imberbis) capturés dans 141 nids de parulines herbacées, des petits passereaux fortement touchés par l’intrus, les chercheurs ont pu confirmer cette hypothèse chez cette espèce d’Afrique australe. Leurs résultats viennent d’être publiés dans les .

Les relations entre les diverses espèces d’oiseaux parasites et les hôtes contraints d’élever leur descendance remontent à au moins deux millions d’années. C’est un exemple connu et très étudié de coévolution empruntant à la théorie de la Reine Rouge, un terme emprunté au Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. Quand une espèce développe une mutation lui permettant de gagner un avantage, l’espèce qui évolue avec elle va développer une défense qui rétablit l’équilibre. C’est ce qui arrive à Alice quand elle court alors que le paysage se déplace à la même vitesse qu’elle : elle a l’impression de faire du surplace. Pour les oiseaux parasites, il est donc essentiel de préserver cette capacité à imiter la coquille des œufs des espèces parasitées sous peine de les voir repérés par leurs victimes et chassés du nid. Il n’est donc pas question que les gènes responsables de cette aptitude soient perdus si l’un des pères a été élevé par un hôte différent de celui de la mère, risque élevé puisque ces espèces parasites ne forment pas de couples fidèles. Les chercheurs ont démontré que les anomalospizes [...]

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