Cotés «Jardins»

Libération.fr

Au Grand Palais, une déambulation thématique sur les paysages horticoles montre combien ces lieux, havres de couleurs et parcelles d’éternité, ont de tout temps occupé une place particulière dans la représentation artistique.

C’est par une toute petite œuvre qu’on entre de plain-pied dans l’expo. Un dessin à la plume et à l’encre aquarellée, contrepoint au gigantesque Giuseppe Penone sur le mur d’en face et à la fresque pompéienne à ses côtés. Un joyau de délicatesse et de légèreté, une Vierge en son jardin, enfant sur les genoux. Autour d’elle, Albrecht Dürer semble avoir dessiné tous les animaux de la création, perroquet, cigogne, chien, renard, crabe, troupeau de moutons au loin entouré de bergers accueillant un ange. Le soleil darde un halo rosé, iris et pivoines s’épanouissent, le moindre détail réjouit infiniment, telle cette chouette logée sous le banc.

Pourquoi est-ce cette œuvre, plutôt qu’une autre, la porte d’entrée de l’expo ? Parce que s’y trouvent un idéal de jardin mais aussi tout le reste du monde, le clos au cœur du paysage, le merveilleux ici et le lointain. On touche là à la fin de l’hortus conclusus, petite parcelle fermée chère au Moyen Age, et le jardin s’ouvre vers l’ailleurs, se pique de botanique et de science. Il se situe à ce point de bascule, la Renaissance, où Laurent Le Bon, commissaire de l’expo, par ailleurs président du Musée Picasso, et ses comparses Marc Jeanson et Coline Zellal, ont choisi de mettre la première borne temporelle de leur corpus, et il donne à voir l’image concrète de ce propos souvent cité de Michel Foucault : «Le jardin, c’est la plus petite parcelle du monde et puis c’est la totalité du monde. Le jardin, c’est, depuis le fond de l’Antiquité, une sorte d’hétérotopie heureuse et universalisante.» La sobrement intitulée «Jardins», qui ouvre ses portes au Grand Palais mercredi, se niche tout entière dans ce bonheur et cet universel. Elle prend son sens dans les allers-retours qu’elle organise, les jeux d’échos, sa (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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