Corse : le maire de Sisco interdit le port du burkini

Ange- Pierre Vivoni a pris cette décision après des incidents, samedi en fin d’après-midi. Ils ont éclaté alors que des touristes auraient pris en photo des femmes en train de se baigner, en burkini.

 La tension reste vive à Sisco, en Corse, deux jours après des incidents. Le maire de la commune, Ange-Pierre Vivoni (PS) a pris un arrêté, lundi matin, interdisant le port du burkini sur les plages de sa commune : ”Ce que je demande c'est que les communautés puissent vivre ensemble et en bonne harmonie. Nous avons besoin de paix et de concordance sur cette île", explique-t-il, ajoutant avoir pris cet arrêté “pour protéger ma population”, se défendant de tout racisme.

Une décision qui intervient après des incidents, survenus samedi après-midi, sur une petite crique située sur la commune. Selon certains témoignages, tout a commencé lorsque des touristes auraient pris en photo des femmes d’origine maghrébine en train de se baigner, vêtues de burkini. La tension serait alors rapidement montée entre les deux parties, qui appellent chacune des renforts.

Cinq blessés

La situation a rapidement dégénéré, avec des jets de bouteilles et de pierres. Selon certains témoins, des flèches de harpons auraient même été utilisées. Malgré l’intervention des forces de l’ordre, cinq personnes ont été blessées dans ces heurts. Des violences qui se sont poursuivies samedi soir, avec l’incendie des voitures des familles d’origine maghrébine. 

Au lendemain des faits, dimanche, environ 500 personnes se sont réunies à Bastia, scandant “on est chez nous”. Dans la foulée, certains protagonistes ont tenté de retrouver les individus d’origine maghrébine, présents lors des incidents. Il faudra l’intervention des forces de l’ordre, aidées de gaz lacrymogènes, pour ramener le calme.