Corse: Début des discussions sur l'inscription dans la Constitution

Jacqueline Gourault (photo), la "madame Corse" du gouvernement, a reçu une quinzaine d'élus corses au ministère de l'Intérieur, dont les présidents de l'exécutif de la collectivité et de l'assemblée territoriales, les nationalistes Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, et les maires d’Ajaccio et de Bastia. /Photo prise le 13 février 2018/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a lancé mardi les discussions avec les élus corses sur l'inscription de la spécificité de leur île dans la Constitution française, proposée la semaine dernière par le chef de l'Etat, Emmanuel Macron.

Jacqueline Gourault, la "madame Corse" du gouvernement, en a reçu une quinzaine au ministère de l'Intérieur, dont les présidents de l'exécutif de la collectivité et de l'assemblée territoriales, les nationalistes Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, et les maires d’Ajaccio et de Bastia.

"C'est le début d'une discussion concrète", avait-elle dit auparavant sur CNews. "Il faut entrer dans le vif du sujet."

Jacqueline Gourault avait l'intention de demander à ses interlocuteur de préciser leurs souhaits concernant la future modification constitutionnelle.

"On va déjà leur expliquer la modification générale que nous allons faire à l'article 72, c'est-à-dire le droit à la différenciation, quelque chose qui est annoncé depuis plusieurs mois par le président de la République", avait-elle ajouté.

Après la réunion, Gilles Simeoni a de nouveau énuméré les sujets "stratégiques", pour les élus corses, de la langue à la question foncière, en passant par le développement économique et l'aménagement du territoire.

"Nous ferons des propositions précises dans ces différents cadres et nous allons essayer de convaincre nos interlocuteurs qu'il faut aller vers un statut de la Corse qui soit un statut de l'autonomie", a-t-il ajouté.

Pour Jacqueline Gourault, la collectivité de Corse est déjà "la plus décentralisée".

"On va voir si dans cet article 72 il y a déjà une réponse à leurs préoccupations ou s'il faudra aller plus loin pour répondre à leurs préoccupations de nouvelles compétences", a-t-elle déclaré sur CNews.

Priée de dire si le gouvernement accepterait, comme le demandent les nationalistes, d'appliquer à la Corse l'article 74 de la Constitution, qui fait référence à la Nouvelle-Calédonie, elle a répondu "non".

"Le président de la République a été clair : il a dit que la Corse était au coeur de la République et que, naturellement, il était prêt à reconnaître la spécificité de la Corse mais que son inscription est une inscription dans la République", a expliqué la ministre.

Le projet d'inscription de la Corse dans la Constitution, annoncé la semaine dernière par Emmanuel Macron lors d'un discours à Bastia, a vocation à être débattu au printemps dans le cadre d'un projet de révision constitutionnelle.

Le président français avait en revanche déçu les nationalistes en réaffirmant son opposition à la création d’un statut de résident, à la co-officialité de la langue corse et à l'amnistie des prisonniers corses.



(Marine Pennetier, avec Caroline Paillez et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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