Corse : le chasseur vise un sanglier, il blesse une coiffeuse

Un chasseur est jugé ce vendredi pour avoir blessé une coiffeuse par balle - Getty Images (Getty Images)

Ce vendredi 20 janvier 2023, un chasseur comparaît devant le tribunal correctionnel d’Ajaccio, en Corse. En novembre 2021, l’homme avait tiré en direction d’une route et blessé la passagère d’une voiture en visant un sanglier.

Alors que le “plan chasse” du gouvernement d’Elisabeth Borne a récemment été présenté aux Français, le procès d’un accident caractéristique des problèmes liés à ce hobby s’ouvre ce vendredi à Ajaccio, en Corse du Sud. Le 4 novembre 2021, Brigitte Stach, une coiffeuse jurassienne, a en effet vu son épaule traversée par une balle de fusil alors qu’elle se trouvait à l’arrière d’une voiture en train de rouler, rapporte le journal Le Parisien. L’accusé a admis avoir ouvert le feu en direction de la route parce qu’il n’avait pas vu le véhicule.

Les faits se déroulent sur une route proche du barrage du lac de l’Ospedale, dans le sud de l’Ile de Beauté. Ce jour-là, Jean-François Stach est au volant, son beau-frère est assis à côté de lui tandis que la femme de ce dernier et Brigitte sont à l’arrière. La voiture roule doucement, les deux couples veulent profiter de la montagne puisque le temps ne donne pas envie d’aller à la plage. Soudain, sur le côté de la route, ils aperçoivent un homme accroupi, coiffé d’une casquette orange et armé d’un fusil. Un instant plus tard, c’est le drame.

Une balle à travers l’épaule

Comme le raconte Jean-François à nos confrères, il n’a pas le temps de réaliser ce qu’il se passe qu’il voit un trou dans son pare-brise. Il regarde dans son rétroviseur et aperçoit un sanglier derrière son véhicule. Mais surtout, il réalise qu’une balle vient de traverser l’épaule de son épouse. Le véhicule s’arrête, les chasseurs accourent, les secours sont appelés et le tireur reconnaît les faits sans tarder. Brigitte est quant à elle héliportée jusqu’à un hôpital. Sa vie n’est pas en danger mais, aujourd’hui encore, elle souffre de son épaule et n’a pas pu reprendre son métier de coiffeuse. C’est l'une des raisons pour lesquelles le couple demande réparation.

“Cette affaire n’est malheureusement que la parfaite illustration d’un manque de prudence élémentaire de la part d’un chasseur par ailleurs aguerri et considéré par tous comme habituellement prudent”, explique leur avocat, Me Vincent Julé-Parade, avant de rappeler que ne pas tirer en direction d’une route, d’une autoroute ou d’une voie ferrée est la règle la plus élémentaire de la chasse. Le tireur, un chasseur ayant 40 ans d’expérience et dont les tests ont prouvé qu’il n’était pas sous l’emprise de l’alcool, n’aurait donc jamais dû l’enfreindre, qu’il ait vu la voiture des Stach ou pas. “Mais cette histoire doit servir de leçon de manière générale. Les chasseurs ont le droit de chasser mais ils sont avant tout une minorité et la majorité est, elle, en droit de se promener sans prendre de risque”, assène l’avocat du couple.

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