Corruption: la justice suisse condamne Beny Steinmetz à cinq ans de prison

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La justice suisse a condamné ce vendredi 22 janvier le milliardaire franco-israélien Beny Steinmetz à 5 ans de prison. Le magnat a été reconnu coupable de corruption dans le scandale de la mine de Simandou en Guinée.

Le tribunal correctionnel de Genève a largement suivi les réquisitions du parquet. Il y a une semaine, celui-ci avait réclamé cinq ans de prison ferme contre contre le magnat des mines Beny Steinmetz, accusé d'avoir versé des millions de dollars de pots-de-vin à des responsables en Guinée. Ce vendredi, le milliardaire franco-israélien a été condamné à cinq ans de prison ferme et à une amende de 50 million de francs suisses.

L'affaire remonte à la première décennie des années 2000, lorsque le gouvernement guinéen de l'ancien président Lansana Conté avait déchu le groupe anglo-australien Rio Tinto de l'exploitation des blocs 1 et 2 d'un des plus importants gisements de fer au monde à Simandou.

Beny Steinmetz était accusé d'avoir mis en place un montage financier via des sociétés-écrans afin de verser des pots-de-vin – à la quatrième épouse de l'ancien président Conté, Mamadie Touré, afin que Beny Steinmetz Group Resources (BSGR), dans lequel le diamantaire a le titre de conseiller, supplante Rio Tinto.

« Justifications absurdes »

A l'énoncé du verdict, la présidente du tribunal a balayé les « justifications absurdes » avancées par la défense pour camoufler les millions versés par le groupe Steinmetz à l'ex-épouse du président Conté, rapporte notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche.

Ces versements n'avaient qu'un seul but, poursuit-elle : corrompre le président guinéen. Et en réponse à l'argument selon lequel Beny Steinmetz ne serait qu'un conseiller du groupe qui porte son nom, le tribunal estime qu'il en est bien son dirigeant effectif. Le pacte de corruption noué par le franco-israélien et ses interlocuteurs guinéens « porte atteinte à la démocratie et sape l’Etat de droit » a dit la présidente du tribunal.

Ses deux co-accusés, l'homme de terrain Fréderic Cillinssont et l'administratrice Sandra Merloni Horemans, ont été condamnés respectivement à trois ans et demi de prison et 2 ans avec sursis. Les avocats de Beny Steinmetz ont déjà annoncé qu'ils allaient faire appel. En attendant, le roi déchu du diamant est lui reparti libre du tribunal.