Corrida: Fabien Roussel votera "contre son interdiction"

Fabien Roussel sur BFMTV-RMC le 23/11/2022  - BFMTV
Fabien Roussel sur BFMTV-RMC le 23/11/2022 - BFMTV

Fabien Roussel votera contre l'abolition de la corrida en France jeudi, à l'occasion de la niche parlementaire de La France Insoumise (LFI) à l'Assemblée nationale. Interrogé sur BFMTV-RMC, le secrétaire général du Parti communiste français (PCF) juge que cette pratique mérite "un vrai débat et pas une interdiction".

S'il dit ne pas défendre la corrida, Fabien Roussel souligne ce "qu'il y a derrière" cette pratique: "Le rapport entre l'homme et l'animal, [celui] entre l'homme et la nourriture" mais aussi "des peintres, des artistes qui se sont penchés sur cette question".

En Commission des lois mercredi dernier, le député communiste Pierre Dhareville avait estimé que "la question n'est pas d'aimer ou pas la corrida". Mais plutôt de "savoir si la République est fondée à interdire cette pratique culturelle, si une vision du monde peut en interdire une autre." L'élu des Bouches-du-Rhône avait ainsi indiqué qu'il ne partageait pas "l'horizon antispéciste", du député Aymeric Caron, porteur de cette proposition de loi sur la corrida.

S'il souligne que parmi les 12 propositions de loi que compte présenter LFI lors de sa niche parlementaire, certaines sont "très intéressantes", Fabien Roussel pointe le "niveau d'importance" accordé à ces textes.

Pour lui, il faut défendre avant tout la "constitutionnalisation de l'IVG", le "SMIC à 1600 euros", la garantie d'un "statut pour les AESH" (Accompagnant des élèves en situation de handicap)", "la réintégration des soignants non-vaccinés" ou encore "un service public de l'eau potable".

"Priorité"

Le député du Nord juge que l'interdiction de la corrida n'est pas une "priorité", "au regard de ce que vivent les Français aujourd'hui". Cette question de "priorités" est soulevée car certains textes insoumis pourraient ne pas être débattus avant la fin de la niche parlementaire à minuit.

Celui sur la corrida figure en quatrième position dans l'ordre du jour fixé par LFI, derrière la proposition de loi pour créer une commission d'enquête sur les Uber Files, la hausse du SMIC à 1600 euros et l'inscription du droit à l'IVG dans la Constitution. Ces trois textes ont reçu respectivement 26, 110 et 233 amendements. De quoi compromettre sérieusement les chances du texte d'Aymeric Caron d'être examiné jusqu'à son terme, mais aussi les suivants. D'autant plus que celui-ci a reçu 577 amendements, soit davantage que les 11 autres textes.

En attendant, Fabien Roussel a déjà jeté un pavé dans la marre. Évoquant la réintégration des soignants non-vaccinés, il a déclaré: "Imaginez que ce texte ne passe pas parce qu'avant, il y aurait la corrida. Ce serait terrible pour ces soignants qui attendent une telle mesure." Cette proposition de loi est placée en 5ème position dans l'ordre du jour. Juste derrière... celle sur la corrida.

Article original publié sur BFMTV.com