La corrida, ADN de ces aficionados - REPORTAGE

CORRIDA - « On ne peut pas nous enlever cette liberté. » Bernard Taurelle tient un petit élevage de taureaux de combat, au cœur de l’Hérault. Une passion partagée par ses fils, qui ont déjà repris l’entreprise familiale. Alors, l’abolition de la corrida, il en est hors de question. « C’est une liberté, ça remonte à des cultures ancestrales. Ça fédère les populations, ça ressoude les gens, et en cette période, on en a plutôt besoin », s’agace l’éleveur.

À quelques jours de son arrivée dans l’hémicycle, la proposition de loi du député insoumis Aymeric Caron passe mal parmi les éleveurs de taureaux et autres aficionados. À l’occasion de la niche parlementaire réservée à la France insoumise jeudi 24 novembre, le député parisien attaché au bien-être animal entend faire adopter l’abolition de la corrida sur tout le territoire français, comme il l’expliquait au HuffPost.

Député Renaissance de l’Hérault, Patrick Vignal a décidé de monter au combat pour défendre la corrida. « Moi, j’étais un enfant de métropole, et j’ai eu du mal à comprendre leurs coutumes, nous raconte-t-il. Mais je me suis rendu compte que dans ces territoires, il y avait une vraie fraternité. Ce qui me gêne dans notre société, c’est qu’on est pour ou contre. Mais ce n’est plus comme ça que ça marche, ce n’est pas ni blanc, ni noir. »

« Le bien-être animal, c’est ma vie »

Benjamin Cuillé, éleveur de taureau de combat et aficionado de toujours, n’imagine pas sa vie sans corrida. Celui qui se rend dans les arènes près de trente fois par an refuse de parler de souffrance animale : « Le bien-être animal, c’est ma vie. Je consacre ma vie à élever du mieux possible le taureau. Je n’ai aucun problème avec la mort, ça en fait partie. In fine, les bovins, ça va faire de la viande. Celui-là, il a une mort plus honorable que les autres. »

Alors que le sujet divise les députés et dépasse la simple logique des partis politiques, le débat s’annonce particulièrement électrique à l’Assemblée nationale… Si le texte réussi à atteindre l’hémicycle. Le dépôt de centaines d’amendements tant sur cette proposition de loi que sur d’autres textes qui seront étudiés en premier menace la tenue du débat.

À voir également sur le HuffPost :

Lire aussi