Corps et décors raccord

Libération.fr

Des femmes puissantes et très différentes, au milieu de mises en scènes démesurées, dans leur extravagance ou leur ascétisme : retour sur les défilés parisiens de prêt-à-porter automne-hiver.

L’empowerment ? Le concept est apparu aux Etats-Unis dans les années 30 puis a été popularisé au tournant des années 60-70 pour désigner l’appropriation du pouvoir par les minorités marginalisées. Il a ces temps-ci le vent en poupe dans la sphère féministe, avec des têtes de pont comme Beyoncé ou Jennifer Lawrence, sans compter toute la récupération marketing afférente, qui met du «sois toi-même» et de la fierté personnelle à toutes les sauces, du sport au fast-food (lire Libération du 8 septembre 2016).

Sur les podiums, l’état d’esprit se traduit par un leitmotiv : une épaule très travaillée, mise en valeur, soulignée. Les femmes ont de la carrure, en somme. Demna Gvasalia, qui l’exagère depuis plusieurs saisons chez Balenciaga, l’arrondit cette fois dans une collection aux accents haute couture qui fait l’unanimité, alliage du décalage et de l’élégance. Chez Mugler, David Koma la surélève avec à la clé un millésime à fond eighties mais pas daté, cas concluant de recyclage de l’ADN maison. Haider Ackermann la fait pointue, dans une version à base de noir et blanc moins girly mais vibrante, tranchée. C’est de fait un tir groupé : l’ensemble des collections suggèrent une femme forte, autonome et affranchie, que les vêtements accompagnent dans l’exercice de ses mouvements et de ses humeurs, choisis selon son bon vouloir plutôt que des tendances ou des codes coercitifs.

L’éventail des possibles est grand déployé. Il y a le vestiaire sexy d’une femme haut perchée (alors qu’on l’a vue ailleurs plutôt à plat), moulée dans du cuir, rayonnante dans un déluge de sequins d’Anthony Vaccarello chez Saint Laurent ou d’Olivier Rousteing chez Balmain (la version Saint Laurent est nettement plus convaincante). A l’inverse, certains renvoient l’exigence de séduction au placard : les manteaux pas (...)

Lire la suite sur Liberation.fr

Les sens de la femme
Les femmes fières de Dior
Fashion week : toutes les panoplies sont à Paris
Une femme libérée
Fashion Week : l’envolée Lanvin

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages