Coronavirus: vaste opération de dépistage aux Contamines

Benoit PAVAN, Marjorie BOYET
Coronavirus: vaste opération de dépistage aux Contamines

Grenoble (AFP) - Plusieurs dizaines de tests au nouveau coronavirus, sans nouveau cas détecté à ce stade, ont été réalisés sur les personnes ayant été en contact avec onze Britanniques hospitalisés après un séjour en Haute-Savoie, où la ministre de la Santé Agnès Buzyn s'est efforcée dimanche de rassurer.

Les résultats des 21 premiers prélèvements se sont révélés "négatifs" et 25 autres étaient toujours en cours d'analyse, a annoncé dimanche soir le directeur général de la Santé Jérôme Salomon au ministère de la Santé, y voyant "déjà une très bonne nouvelle".

Depuis l'hôpital de Grenoble, la ministre a donné des nouvelles rassurantes du père et de ses trois enfants, de nationalité britannique hospitalisés au CHU de cette ville après avoir côtoyé dans le même chalet des Contamines-Montjoie fin janvier un compatriote contaminé de retour de Singapour.

"Tout le monde était très souriant, très détendu. Le ministre de la Santé anglais avait pris de leurs nouvelles, l'ambassadeur d'Angleterre prenait de leurs nouvelles régulièrement (...) Nous avons pu rassurer (le père de famille) sur l'état de santé de son épouse qui est actuellement hospitalisée en Grande-Bretagne", a déclaré Mme Buzyn.

Sept autres Britanniques qui partageaient le même chalet sont hospitalisés à Grenoble, Lyon et Saint-Etienne. Sur les onze membres du groupe, cinq ont été confirmés positifs au coronavirus samedi par le ministère, les six autres étant admis par précaution. Les tests menés sur eux se sont aussi relevés négatifs, a confirmé M. Salomon.

Cela maintient le total de cas confirmés en France à onze. "Tous sont stables sauf le touriste chinois toujours en réanimation", a rappelé Mme Buzyn.

Plus tôt dans la journée, la ministre s'était déplacée dans le village haut-savoyard de 1.200 habitants où plusieurs dizaines de personnes ont été testés toute la journée de dimanche dans un centre d'animation, juste à côté de l'école primaire Alexis-Bouvard, où est scolarisé l'enfant contaminé. L'établissement est fermé jusqu'à nouvel ordre depuis samedi.

"Nous avons "priorisé" les enfants qui ont été le plus en contact avec l'enfant touché, puis les enfants qui ont des symptômes et enfin des personnes moins à risque car leur contact a été moins étroit", a précisé sur place la ministre.

- Situation "évolutive" -

"La situation est évolutive, notre décision dépendra de si nous avons des résultats positifs dans la soirée", a poursuivi Mme Buzyn, qui s'est aussi rendue à Saint-Gervais, où le jeune Britannique touché a brièvement fréquenté une autre école.

Aux Contamines, la ministre a estimé qu'il était "important de rassurer les habitants de ce village qui n'ont pas été en contact et qui n'ont donc pas été appelés".

"Il faut leur dire qu'il n'y a aucun risque quand on croise les gens dans la rue, ce n'est pas cela être en contact avec une personne contaminée. Il faut un contact étroit, soutenu, en face de la personne ou un contact charnel, il faut se toucher donc le risque est très faible pour l'ensemble de la population", a-t-elle précisé.

"Aujourd'hui, je rappelle qu'on n'a pas d'épidémie, que les cas sont identifiés, canalisés, donc il ne faut pas céder à une panique irraisonnée", a souligné de son côté le maire du village, Etienne Jacquet.

Pour évaluer les conséquences sur le tourisme dans la station, l'édile a dit avoir "mené une enquête" auprès des professionnels et "en termes d'annulation, c'est infinitésimal" tant à l'école de ski que dans les hôtels.

Outre les écoles des Contamines-Montjoie et de Saint-Gervais, une troisième école va rester fermée par mesure de précaution, a annoncé M. Salomon: l'école Montessori de Thonon-les-Bains, "où l'enfant s'est rendu quelques heures et où nous avons donc quelques enfants ainsi que des enseignants sous surveillance, car considérés comme ayant eu un contact rapproché avec l'enfant" malade.

Dimanche, les autorités chinoises ont annoncé que le virus 2019-nCoV, apparu en décembre dans la région de Wuhan (centre) a fait plus de 800 morts, dépassant désormais le bilan mondial du Sras.

Une trentaine de nouveaux rapatriés français en provenance de Chine sont arrivés en milieu de journée par avion sur la base militaire d'Istres (Bouches-du-Rhône). Ils resteront en quarantaine pendant 14 jours.