Coronavirus: Le variant "indien" pourrait perturber le déconfinement, dit Boris Johnson

·4 min de lecture
CORONAVIRUS: LE VARIANT "INDIEN" POURRAIT PERTURBER LE DÉCONFINEMENT, DIT BORIS JOHNSON

par Kate Holton et Alistair Smout

LONDRES (Reuters) - La diffusion du variant dit indien au Royaume-Uni pourrait perturber le calendrier de déconfinement dans le pays, a averti vendredi le Premier ministre britannique Boris Johnson, tout en confirmant la prochaine étape de levée des restrictions lundi en Angleterre.

"Nous allons poursuivre notre plan et passer à la troisième étape en Angleterre à partir de lundi, mais je dois vous dire que ce nouveau variant pourrait perturber sérieusement nos progrès et rendre plus difficile la levée totale des restrictions en juin," a prévenu Boris Johnson lors d'une conférence de presse à Downing Street.

Le Premier ministre britannique a ajouté que l'accès aux deuxièmes doses de vaccin contre le COVID-19 serait accéléré, soulignant qu'il est "plus important que jamais que les gens reçoivent la protection supplémentaire d'une deuxième dose."

"Nous allons accélérer l'administration des deuxièmes doses restantes aux personnes âgées de plus de 50 ans et aux personnes vulnérables dans tout le pays, afin que ces doses soient administrées huit semaines seulement après la première dose", a-t-il précisé.

Le Royaume-Uni a mené l'une des campagnes de vaccination les plus rapides au monde, en administrant une première injection à près de 70% de la population adulte et une seconde à 36%, ce qui a permis de réduire les taux d'infection et les décès.

Mais l'apparition du variant B.1.617.2, plus couramment appelé variant indien, dans certaines parties du nord de l'Angleterre et à Londres a poussé les scientifiques à demander une modification du calendrier de déconfinement et l'accélération de la vaccination.

Des dépistages massifs seront également réalisés à l'aide de tests PCR pour aider à évaluer la présence du variant indien.

À partir de lundi, les Anglais seront toutefois officiellement autorisés à se réunir en petits groupes à l'intérieur et à voyager à l'étranger, a confirmé Boris Johnson.

En revanche, la levée totale des restrictions sociales en Angleterre le 21 juin dépendra de la situation sanitaire.

"Nous pensons que (la diffusion du variant indien) pourrait à coup sûr perturber nos efforts pour mettre en oeuvre notre feuille de route", a insisté Boris Johnson.

L'Ecosse, le pays de Galles et l'Irlande du Nord, les autres nations du royaume, gèrent la santé de manière autonome.

Boris Johnson a également déclaré que le petit nombre de pays en provenance desquels les voyageurs ne sont pas soumis à une quarantaine obligatoire à leur arrivée sur le territoire britannique ne devrait pas être modifié à court terme en raison du risque lié aux nouveaux variants.

"Nous allons maintenir un régime très très strict aux frontières pour l'avenir proche", a dit le Premier ministre.

Selon l'agence de santé publique britannique (PHE), le variant B.1.617.2 pourrait se propager au moins aussi rapidement que le variant du "Kent", dit variant anglais, à l'origine de la deuxième vague d'infections dans le pays.

"Il est plus transmissible que le B.1.1.7 (variant du Kent) et nous prévoyons qu'avec le temps, ce variant prendra le dessus et deviendra dominant au Royaume-Uni, de la même manière que le B.1.1.7 a pris le dessus", a déclaré le médecin en chef du gouvernement Chris Whitty.

A Berlin, l'Institut Robert Koch pour les maladies infectieuses a classé vendredi la Grande-Bretagne comme région à risque en raison de la propagation du variant B.1.617.2.

Jeudi, le PHE a fait état de 1.313 cas de variant indien en une semaine, soit plus du double du chiffre de la semaine précédente, avec quatre décès confirmés.

Même avec de nouveaux variants, le gouvernement cherchera probablement à éviter la mise en place de nouvelles mesures de restriction régionales, comme celles instaurées l'année dernière, qui n'ont finalement pas permis d'éviter deux autres confinements nationaux.

Au niveau national, le nombre de nouvelles infections reste faible et a diminué pour la cinquième semaine consécutive en Angleterre, selon les chiffres de l'Office national des statistiques publiés vendredi.

(Guy Faulconbridge, Sarah Young, version française Hayat Gazzane, Camille Raynaud et Jean-Stéphane Brosse)

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles