Le coronavirus entraînera-t-il une crise économique comparable à celle de 1929?

Lucie Oriol
De nombreux Etats ont lancé des plans de relance massifs pour éviter les faillites et licenciement de masse à cause de la crise économique déclenchée par la crise du coronavirus.

CORONAVIRUS - Plus dure sera la chute? La crise économique qui s’installe dans le sillage de la crise sanitaire du coronavirus n’est pas sans susciter la plus grande des inquiétudes aux quatre coins du monde. À tel point que, ce mardi, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a estimé qu’il n’y avait “pas d’autres comparaisons [possible] que la grande dépression de 1929”. Une crise qui fut d’abord bancaire et américaine avant de frapper de plein fouet  l’Europe et jugée comme la pire de tout le XXe siècle. 

Force est de constater que la déclaration du ministre rencontre un certain écho face aux indicateurs et prévisions économiques: la croissance mondiale devrait reculer de 7 points, 3,2 millions de personnes se sont inscrites au chômage aux États-Unis en l’espace d’une semaine et le FMI a déclaré l’économie mondiale en récession.

Une économie de guerre ?

La période des années 30, qui s’est tout de même soldée par la Seconde Guerre mondiale, peut-elle aider à mieux saisir les enjeux économiques qui se trament? Ou faut-il s’attendre davantage à un choc sur le modèle de la crise financière de 2008? L’historien et économiste Angelo Riva, joint par Le HuffPost, est dubitatif. Selon lui, la posture macronienne d’un pays en guerre vaut aussi bien sur le front médical que dans les arcanes économiques. “Ce que nous vivons est similaire aux chocs économiques qui surviennent en temps de guerre avec des territoires où l’activité économique est bloquée et avec des mouvements massifs de population”, détaille-t-il, excluant de fait la crise de 2008 comme base de comparaison, cette dernière ”étant essentiellement financière”.

Anne-Laure Delatte, conseillère scientifique au CEPII, acquiesce mais tempère auprès du HuffPost: “Nous sommes face à quelque chose qui paralyse à la fois l’offre et la demande, en cela c’est proche des périodes de guerre. Mais en temps de conflit, les moyens de production sont tournés vers l’effort de guerre, là ce n’est pas le cas”.

Une différence de taille...

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