Coronavirus en Turquie: réouverture du grand bazar d'Istanbul

Il était fermé depuis le 23 mars, en raison de l’épidémie de nouveau coronavirus. Le grand bazar d’Istanbul, l’un des plus vieux marchés couverts du monde, a rouvert ses portes ce lundi 1er juin. Ses quelque 3 000 boutiques aux 30 000 commerçants, fragilisés par plus de deux mois d’inactivité, attendent avec impatience les clients, dans des conditions d’hygiène strictes. Mais les touristes étrangers, qui font vivre le bazar, risquent de ne pas être au rendez-vous cette année.

De notre correspondante Istanbul,

Les volets roulants grincent un peu : cela faisait deux mois et demi qu’il n’avait pas servi. En ce matin de réouverture, c’est le grand nettoyage au grand bazar d’Istanbul. On astique les vitrines des bijouteries, on aspire la poussière accumulée sur les tapis, on époussette les sacs de contrefaçon.

Et puis il y a les nouveaux gestes : prise de température à l’entrée, port du masque obligatoire, spray désinfectant à tout-va. Coskun Güler, orfèvre et fils d’orfèvre au grand bazar, a le sentiment de vivre un moment inédit de l’histoire de ce marché couvert construit au 15e siècle : « Je le raconterai à mes petits-enfants… ça aura été une grande leçon. D’un point de vue sanitaire, ça nous a rappelé à tous à quel point l’hygiène était importante. D’un point de vue économique – avec la perte de revenus que nous avons subie – cette crise nous a aussi rappelé la valeur de notre travail. »

La plupart des 3 000 boutiques ont rouvert, mais il manque l’essentiel pour animer le vieux bazar : les touristes étrangers. Les vols internationaux ne reprendront pas – au mieux – avant mi-juin. Hasim Güreli, vice-président de l’Association des commerçants du grand bazar et vendeur de tapis, déplore déjà une « année perdue » : « Normalement, le grand bazar est un endroit assez imperméable aux difficultés économiques de la Turquie, aux crises…... du moment que les touristes viennent ! Là, à mon avis, la saison est morte. Il faudra attendre l’année prochaine... »

Les commerçants sont d’ailleurs conscients qu’une affluence de clients présenterait un risque : sept de leurs collègues ont succombé au Covid-19.