Coronavirus: Le Texas et la Floride referment leurs bars

par Brad Brooks
CORONAVIRUS: LE TEXAS ET LA FLORIDE REFERMENT LEURS BARS

par Brad Brooks

LUBBOCK, Texas - Le Texas et la Floride ont ordonné vendredi aux bars de fermer à nouveau leurs portes, ces deux Etats étant, comme une dizaine d'autres aux Etats-Unis, confrontés à une forte recrudescence des cas de contamination par le nouveau coronavirus faisant craindre que l'épidémie échappe à tout contrôle.

Le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott a donné aux bars jusqu'à midi ce vendredi pour fermer, sauf pour les ventes à emporter. Il a aussi abaissé la capacité d'accueil des restaurants à 50% de leur capacité habituelle, contre 75% auparavant.

En Floride, les autorités ont pour leur part interdit avec effet immédiat la consommation d'alcool dans les bars.

Ces deux Etats ont été depuis mai parmi les plus actifs dans la levée des mesures de confinement prises pour freiner la propagation du nouveau coronavirus. Ils sont désormais contraints de faire machine arrière face à la flambée des contaminations sur leur territoire.

La Floride a annoncé vendredi 8.942 nouveaux cas de COVID-19, la maladie provoquée par le coronavirus, une accélération spectaculaire alors que son précédent "record", deux jours plus tôt seulement, était de 5.511.

La volonté de nombreux Etats, saluée par le président Donald Trump, de lever rapidement les mesures de confinement pour relancer l'activité risque de produire un effet boomerang désastreux pour l'économie américaine.

Moins touché que d'autres initialement, le Texas fait désormais partie de ceux qui connaissent un fort rebond de l'épidémie avec près de 6.000 nouveaux cas sur la seule journée de jeudi. Il a aussi enregistré un nombre record d'hospitalisations pendant 13 jours consécutifs.

"En ce moment, il est évident que l'augmentation du nombre de cas est largement alimentée par certaines activités, notamment l'habitude des Texans de se retrouver dans des bars", a dit Greg Abbott dans un communiqué.

Il a aussi interdit la plupart des rassemblements en extérieur de plus de 100 personnes sans autorisation préalable.


PENCE JUGE LA SITUATION MEILLEURE QU'IL Y A DEUX MOIS

Jeudi, le gouverneur du Texas avait déjà annoncé une "pause" dans le déconfinement et suspendu toutes les opérations chirurgicales non essentielles à Houston, Dallas, Austin et San Antonio afin de libérer des lits d'hôpitaux.

Outre le Texas et la Floride, 10 autres Etats américains ont signalé des hausses record de contaminations cette semaine: l'Alabama, l'Arizona, la Californie, la Caroline du Sud, l'Idaho, le Mississippi, le Missouri, le Nevada, l'Oklahoma et le Wyoming.

La situation est tout autre dans l'Etat de New York, le plus durement touché dans les premières semaines de l'épidémie mais qui affiche désormais le plus faible taux de tests positifs de tout le pays.

Son gouverneur démocrate Andrew Cuomo a critiqué vendredi les Etats ayant levé leurs restrictions avant de maîtriser l'épidémie, jugeant qu'ils avaient commis là une erreur de manière "indéniable, irréfutable".

Il a affirmé que les Etats ayant suivi les recommandations de la Maison blanche subissaient désormais une flambée des cas de contamination alors que New York était parvenu à contenir l'épidémie en adoptant une approche scientifique, et non politique.

"Ce qui se passe en ce moment dans ce pays est à la fois effrayant et révélateur", a dit Andrew Cuomo. "Il est temps de se réveiller, Amérique, et de regarder les faits irréfutables."

Le vice-président Mike Pence a au contraire affiché son optimisme en relevant que 16 Etats connaissaient une hausse du nombre de cas mais que 34 autres observaient une stabilité.

"Alors que nous voyons les nouveaux cas augmenter, et nous les suivons très attentivement, il pourrait y avoir cette tendance parmi les Américains de penser que nous sommes revenus là où nous en étions il y a deux mois, que nous sommes dans une période de grandes pertes et de grande difficulté pour les Américains. La réalité est que nous sommes dans une bien meilleure situation", a dit Mike Pence lors du premier point fourni depuis des semaines par la "task force" mise en place à la Maison blanche.

"La vérité est que nous avons ralenti la propagation. Nous avons bel et bien aplati la courbe", a-t-il insisté.

En environ quatre mois, plus de 124.000 personnes sont mortes du COVID-19 aux Etats-Unis et plus de 2,4 millions de personnes ont été contaminées de manière confirmée.


(Brad Brooks, Jonathan Allen, Nathan Layne, Peter Szekely, Alexandra Alper, Susan Heavey et Daphne Psaledakis; version française Bertrand Boucey)