Coronavirus : témoignages de soignants à bout

Ils se disent épuisés, démunis. Depuis 15 jours, ces deux infirmiers se battent au quotidien contre le virus à l’hôpital de Mulhouse (Grand-Est), et ils voient les morts s’accumuler. "A la fin de mon poste, je suis vidé, je suis à bout. Parfois, c’est dur moralement. J’ai eu le cas la semaine dernière où j’ai perdu trois patients qui sont décédés en une heure et demi. On est toujours confrontés à la mort, mais de le voir aussi brutalement, c’est dur, très dur", raconte le premier soignant. "Laisser sa chance à quelqu’un de plus jeune" "Parfois, ça nous arrive de ne pas boire, de ne pas manger, parce que la cadence est infernale. Hélas, un lit de réanimation de nos jours, les places sont chères, donc on va, je n’ai pas envie de dire ‘choisir’ ou ‘privilégier’, mais au vu des antécédents de la personne et de son âge, on va peut-être dire ‘non je ne vais pas l’intuber pour laisser sa chance à quelqu’un de plus jeune’", révèle la seconde