Coronavirus : que sait-on du supposé patient zéro de fin décembre ?

Julien Hernandez, Rédacteur scientifique

Selon un récent article publié dans la revue International Journal of Antimicrobial Agents, le SARS-CoV-2 circulerait en France depuis au moins fin décembre. Si pour les épidémiologistes, cette annonce n'a rien de vraiment surprenant (bien qu'elle soit utile pour réajuster leurs modèles), la Chine ayant déclaré le premier cas mi-novembre et le trafic aérien étant ce qu'il est, c'est la preuve que cette annonce est plus que discutable. Détails. 

Quelques rappels sur le test PCR

Pour savoir si vous êtes infecté par le SARS-CoV-2, on prélève un échantillon de vos sécrétions respiratoires, puis on les teste à l'aide d'une technique de biologie moléculaire : la réaction en chaîne par polymérase, plus connue sous le nom de RT-PCR. Nous avons détaillé grossièrement son fonctionnement dans un ancien article au sujet des tests. Le but de ce test est d'observer si le matériel génétique du virus va s'amplifier. C'est ce que fait la PCR : elle amplifie du matériel génétique.

Cependant, elle peut amplifier le matériel génétique d'à peu près n'importe quoi. Parce que dans un échantillon de sécrétions respiratoires d'un patient, ne se trouve pas que du virus. C'est pour cette raison que normalement, on prend des échantillons contrôles pour comparer les amplifications. De même, on quantifie l'ARN présent dans les échantillons pour avoir le même taux d'ARN viral dans les prélèvements. Dans cette étude, aucune quantification n'est faite et on constate que l'échantillon du patient devient positif 14 cycles après l'échantillon témoin positif, ce qui n'est pas anormal s'ils ont utilisé de l'ARN purifié du virus en laboratoire. Pour autant, on ne connaît pas la quantité d'ARN respective présente dans les différents échantillons, ce qui laisse perplexe face à ce genre de résultats. 

Il manque des échantillons témoins pour s'assurer que c'est bien le SARS-CoV-2 qui a été amplifié par la PCR. © Mongkolchon, Adobe Stock

Une PCR réalisée comme s'il y avait urgence

Bien, mais venons-en à...

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