Coronavirus: en Russie, 65 milliards d’euros pour remettre l’économie à flots

Un plan de relance ambitieux pour remettre à flots une économie mise à mal par le coronavirus, c’est ce qu’a annoncé ce mardi le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine. Les autorités russes se voyaient reprocher depuis plusieurs semaines leur manque de réactivité face aux conséquences économiques du coronavirus. 

5 000 milliards de roubles, environ 65 milliards d’euros : le montant est relativement faible au regard des sommes qui seront débloquées par les Etats-Unis, ou par l’Union européenne. Mais pour la Russie c’est un chiffre important, bien plus important en tout cas que les mesures annoncées jusqu’à présent pour faire face aux conséquences économiques du coronavirus. 

Mikhaïl Michoustine, le Premier ministre russe, n’a donné que peu de détails sur les modalités concrètes de ce plan de relance – il en a fixé simplement les objectifs : limiter la récession en 2020, et renouer avec une croissance supérieure à 2% d’ici la fin de l’année 2021. Selon la presse russe, Moscou veut également profiter de ce plan pour encourager le travail partiel, et surtout pour réduire la part des emplois non déclarés au sein de l’économie. De plus, une partie importante des sommes dégagées seront attribuées aux petites et moyennes entreprises, qui ont particulièrement souffert de la crise.

Manque de réactivité

Avec ce plan, les autorités espèrent répondre aux critiques qui leur reprochaient leur manque de réactivité face à la crise économique suscitée par l’épidémie. Avec des mesures qui manquaient d’ambition, et qui n’étaient que partiellement mises en œuvre. La cote de popularité de Vladimir Poutine s’en était d’ailleurs ressentie, avec une chute de plus de 10 points dans les sondages effectués par l’Institut Levada. 

A un mois de son référendum constitutionnel, le président russe avait sans doute besoin de montrer à ces concitoyens qu’il ne s’intéresse pas seulement à la politique étrangère, et à son propre destin à la tête du pays, mais qu’il se préoccupe également de leurs difficultés quotidiennes.