Coronavirus: le Royaume-Uni court contre la montre

Alors que la propagation du coronavirus s’accélère au Royaume-Uni, le gouvernement est engagé dans une course contre la montre pour accroître le nombre de lits d’hôpitaux et l’équipement de protection pour le personnel médical.

« Nous pouvons vaincre ce virus mais l’heure n’est pas à la complaisance ». L’avertissement a été lancé par le professeur Stephen Powis, directeur médical de NHS England, le système public de santé, alors que le Royaume-Uni vient de franchir la barre symbolique des 1 000 morts du coronavirus. Le pays totalise 1 019 décès, dont 260 pour cette seule journée de samedi. Il s'agit de la plus forte hausse journalière depuis le début de l'épidémie. Le Royaume-Uni compte par ailleurs 17 089 personnes infectées officiellement recensées, sur près de 121 000 tests effectués.

Face à la rapide aggravation de l'épidémie, les autorités sont engagées dans une course contre la montre pour ouvrir des milliers de lits d'hôpitaux, notamment dans la capitale Londres, où la maladie se répand plus rapidement. « Nous n'avons pas encore utilisé toute notre capacité », a indiqué Stephen Powis, mais de nouveaux lits s'ouvrent, notamment à Londres, car « le nombre de patients augmente tous les jours ».

Alors qu'un pic de l'épidémie est attendu dans deux ou trois semaines, la mise en garde du professeur Powis est claire : il est désormais absolument essentiel que tout le monde respecte les consignes de distanciation sociale et de confinement.

Parmi les personnes malades figurent le prince Charles, héritier de la couronne d'Angleterre, ainsi que le Premier ministre Boris Johnson et plusieurs membres de son gouvernement qui se sont isolés pendant sept jours tout en continuant à diriger le pays. Mais Boris Johnson est critiqué pour s’être montré désinvolte au début de la crise sanitaire, et adoptant même une attitude bravache en continuant à serrer la main de ses interlocuteurs, rappelle notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix.

Il est également reproché au gouvernement d'avoir tardé à fournir suffisamment de tests pour le personnel soignant qui se plaint par ailleurs d’un manque criant d’équipements de protection contre le virus. Le journal The Guardian a révélé que le ministère de la Santé avait refusé en 2017 de stocker du matériel de protection en cas de pandémie, jugeant à l’époque cette recommandation du corps médical trop coûteuse.