Covid-19 : ces régions où la deuxième vague est pire que la première

Lucile Descamps
·8 min de lecture
Dans certaines régions de France, la deuxième vague est bien pire que la première.
Dans certaines régions de France, la deuxième vague est bien pire que la première.

La deuxième vague du coronavirus est bien plus étendue en France que ne l’était la première. Certaines régions sont donc bien plus touchées qu’au printemps dernier.

Alors que la première vague de coronavirus, qui a frappé la France au printemps dernier, a surtout touché le Nord, le Grand-Est et l’Île-de-France, la deuxième vague est plus diffuse. Dans certaines régions, la situation sanitaire est même d’ores et déjà plus grave qu’en avril.

C’est notamment le cas en Auvergne-Rhône-Alpes, la région la plus touchée du pays à l’heure actuelle. “Les gens ne respectent pas moins les gestes barrières qu’ailleurs, l’hôpital travaille comme les autres, donc nous n’avons pas d’explications pour l’instant”, a commenté le docteur Olivier Rogeaux, infectiologue, sur France 2 ce 12 novembre.

200 transferts prévus depuis l’Auvergne-Rhône-Alpes

La puissance de cette deuxième vague se traduit notamment dans les hospitalisations liées au Covid-19. Seul le Cantal échappe, pour l’instant, à cette hausse. Ailleurs, les chiffres sont bien plus élevés que ceux du printemps dernier, allant même du simple au double dans certains départements. Dans l’Ain, 425 personnes étaient hospitalisées à cause du coronavirus le 11 novembre, selon les chiffres de Géodes, contre 153 le 16 avril. Cette différence est encore plus importante en Isère, avec 1 063 hospitalisations actuelles contre 246 en avril.

Du côté de la réanimation aussi, la situation actuelle est pire qu’au printemps dans tous les départements. La différence est particulièrement criante en Isère, où 131 personnes étaient en réanimation avec un diagnostic Covid-19 le 11 novembre, contre 45 le 16 avril, toujours selon Géodes. Ou encore en Haute-Loire, qui est passée de trois personnes en réanimation au printemps à 16 actuellement.

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Pour tenter de faire face à cette situation, 61 malades ont déjà été transférés dans les hôpitaux d’autres régions et 200 déplacements supplémentaires sont prévus pour les prochaines semaines, selon France 3. Car l’amélioration n’est pas pour tout de suite. “Nous avons devant nous 15 jours, quoi qu'il arrive, très difficiles sur l'hospitalisation”, a affirmé Jean-Yves Grall, le directeur de l’ARS sur France info.

Concernant les décès, la situation est également déjà plus grave qu’au printemps dernier. Entre le 30 avril et le 5 mai, un peu moins de 300 morts par semaine ont été enregistrées dans la région. Du 26 octobre au 1er novembre, ce chiffre atteignait les 400.

La Normandie, prête à faire face

En Normandie aussi, la situation sanitaire est pire que lors de la première vague. Les hospitalisations sont beaucoup plus élevées dans l’Eure, en Seine-Maritime, dans le Calvados et dans la Manche, allant presque partout du simple au double. Dans l’Eure par exemple, 79 personnes étaient hospitalisées à cause du coronavirus le 16 avril. Ils sont désormais 197.

Or, selon le directeur de l’ARS, qui s’est exprimé sur le sujet le 10 novembre, “le pic est devant nous”. Et ce n’est pas la légère baisse du taux d’incidence qui parvient à rassurer Thomas Deroche. Le directeur de l’Agence Régionale de Santé de Normandie rappelle qu’un léger recul de cet indicateur avait été enregistré en septembre, avant qu’il ne reparte de plus belle.

Pour autant, il s’est voulu rassurant concernant la gestion hospitalière par la région, affirmant que le système était “prêt à faire face” et qu’il n’était pas encore saturé. 106 lits de réanimation supplémentaires ont été créés depuis le printemps dernier et des “lits hivernaux” ont été mis en place pour absorber les malades de la grippe, précise Paris Normandie.

Le pic pas encore passé en Nouvelle-Aquitaine

En Nouvelle-Aquitaine, chaque département connaît une hausse des hospitalisations par rapport à la première vague, mais l’écart est plus marqué dans les Deux-Sèvres, en Haute-Vienne, dans la Creuse, en Dordogne et dans les Pyrénées-Atlantiques. La situation s’est dégradée en quelques semaines seulement, depuis le mois d’octobre. Au point que dans ce dernier département, 374 personnes sont actuellement hospitalisées à cause du coronavirus. Elles n’étaient que 86 le 16 avril dernier.

En Dordogne, 110 malades étaient hospitalisés le 11 novembre, contre 36 le 16 avril. Ce département compte par ailleurs 16 patients en réanimation, contre cinq au printemps. D’ailleurs, les hôpitaux de Périgueux et de Bergerac ont demandé des renforts. “Les modélisations laissent à penser que nous n’avons pas atteint le pic de l’épidémie et que ce pic devrait intervenir dans une huitaine de jours”, a expliqué Thierry Lefebvre, directeur du Centre Hospitalier de Périgueux auprès de France 3.

Outre les hospitalisations, l’ensemble des actes liés au Covid-19 augmentent dans la région. “Cela signifie que, quelle que soit la symptomatologie de l’infection, de la moins grave à la plus grave, le recours aux soins pour suspicion de Covid-19 s’accroit et cela dans toutes les classes d’âge excepté les moins de 15 ans”, a commenté l’ARS, comme le rapporte France bleu.

Les prochains jours déterminants en Occitanie

Dans la région Occitanie, les hospitalisations sont plus hautes que durant la première vague dans tous les départements. Et la différence est parfois très marquée. Alors que l’Aveyron comptait 55 hospitalisations en lien avec le coronavirus mi-avril, il en compte aujourd’hui 132. Sur cette même période, la Lozère est passée de 5 à 53 hospitalisations et l’Hérault de 161 à 463. Quant aux réanimations, elles sont d’ores et déjà plus élevées qu’au printemps dans presque tous les départements occitans.

“La situation est grave” dans la région, a résumé Pierre Ricordeau, le directeur de l’ARS, le 10 novembre, rapporte le site actu.fr et elle est même “critique” dans les Ehpad. Certains indicateurs commencent à se stabiliser, notamment les contaminations et les nouvelles hospitalisations. Mais ce ralentissement est encore “fragile” et “difficile à interpréter”, a-t-il commenté. D’autant qu’il ne concerne pas tous les départements. Le taux d’incidence continue d’augmenter dans les Hautes-Pyrénées, le Gers, le Lot, l’Aude et la Lozère.

Selon le directeur de l’ARS d’Occitanie, les prochains jours seront déterminants pour la région. Et si une stabilisation n’est pas enregistrée mi-novembre, les établissements de santé risquent d’être mis à mal. Près de 50% des opérations ont déjà dû être déprogrammées, mais il sera difficile d’aller au delà car certaines interventions sont indispensables.

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Les hôpitaux de PACA risquent la saturation

Tous les départements de Provence-Alpes-Côte d’Azur connaissent une hausse des hospitalisations, des entrée en réanimation et de la mortalité par rapport à la première vague. En tout, la région compte 506 personnes dans ces services de réanimmation, contre 420 au pire de la crise, rappelle France 3. Et il faut s’attendre à “quelques semaines encore difficiles”, selon l’ARS, notamment dans le Vaucluse et les Hautes-Alpes, où la pression hospitalière est déjà forte, rapporte BFM TV.

Contrairement à d’autres régions, qui ont vu ces derniers jours un “frémissement” et “une forme de ralentissement” d’après le ministre de la Santé, Olivier Véran, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, la circulation virale s’accentue, selon le directeur de l'ARS de la région, Philippe Demester.

Et la situation pourrait même encore empirer. “Si les gens ne respectent pas le confinement, on va complètement saturer, et demain toutes les interventions s’arrêteront”, a mis en garde Lionel Velly, médecin anesthésiste-réanimateur de l'Assistance Publique des Hôpitaux Marseillais, sur France 3.

De quoi faire craindre à la région des jours plus sombres qu’au printemps.

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