Coronavirus en RDC: inquiétude après 1500 licenciements à Lubumbashi

Le gouvernement congolais demande aux entreprises de ne pas licencier massivement leurs employés du fait de la pandémie de coronavirus. Dans la province du Haut-Katanga, le licenciement, il y a trois semaines, de 1 500 travailleurs de la société Rulco inquiète la société civile.

Avec notre correspondante à Lubumbashi, Denise Mahého

La société Rulco avait un contrat de 38 mois portant sur l’évacuation et le transport de minerais de la mine de Kishiba pour le compte de l’entreprise Frontier S.A, du groupe Eurasian Ressources, un groupe kazakh basé au Luxembourg. Ce contrat, Frontier S.A a décidé unilatéralement de le résilier en avril dernier.

Rulco était alors privée de ressources, incapable de payer les charges sociales de ses employés à la suite de cette rupture de contrat, affirme son directeur général pour justifier ces licenciements massifs.

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L’ONG Justicia ASBL dénonce, elle, une violation des droits des travailleurs en cette période d’état d’urgence sanitaire. « Dans presque tous les Etats, la tendance est au déconfinement, et la Chine qui est le principal acheteur de nos minerais a repris son activité économie. On ne peut donc pas utiliser un prétexte fallacieux comme une crise financière internationale pour justifier la rupture des contrats de plus de 1 500 travailleurs », s'indigne Me Thimothé Mbuya, directeur exécutif de Justicia ASBL.

La ministre du Travail, qui était jusqu'à hier vendredi en mission dans les provinces du Haut Katanga et Lualaba, n’a cessé de rappeler aux entreprises minières l'interdiction gouvernementale de licencier, en raison de la pandémie de Covid-19. A-t-elle été entendue ? En tout cas, la société Rulco dit avoir engagé, depuis deux jours, des discussions avec son partenaire Frontier S.A. Les responsables de Frontier S.A. eux, n’ont pas donné suite aux questions de RFI.

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