Le coronavirus prépare-t-il la revanche des campagnes?

Babeau, Olivier
Olivier Babeau / Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro

FIGAROVOX/TRIBUNE - Le monde de l’après-coronavirus pourrait être le théâtre d’un rééquilibrage territorial de grande envergure, estime notre chroniqueur Olivier Babeau. La richesse des espaces ruraux serait enfin reconnue à sa juste valeur.

Chaque semaine, Olivier Babeau décrypte l’air du temps pour FigaroVox. Il est président du think-tank l’Institut Sapiens et, par ailleurs, professeur en sciences de gestion à l’université de Bordeaux. L’auteur a récemment publié Éloge de l’hypocrisie (Éditions du Cerf, 2018).

Difficile de ne pas penser que la crise du coronavirus aura des conséquences de long terme sur notre société. La façon dont nous vivons va devoir intégrer le nouveau paramètre d’un risque sanitaire qui ne disparaîtra jamais tout à fait. À quoi ressemblera ce «monde d’après»? Certains éléments peuvent nous permettre de formuler une hypothèse: celle d’un bouleversement des grands équilibres sur le marché du logement.

Jusqu’à présent, le mouvement d’urbanisation ne semblait connaître aucun point d’arrêt. Les archéologues nous apprennent que les premières agglomérations sont nées de centres religieux autour desquels se rassemblaient périodiquement des populations nomades. Puis elles ont grandi parce qu’elles se sont révélées de formidables creusets de développement culturel. La promiscuité des villes réalise une puissante alchimie sociale. En se rencontrant, les esprits s’enrichissent mutuellement. Isolés, les individus s’ennuient et dépérissent ; rassemblés, la confrontation de leurs idées engendrera de nouvelles façons de penser. C’était spécialement le cas lorsque, les moyens de communication étant rares, les idées ne circulaient jamais mieux qu’au sein de groupes qui se côtoyaient physiquement. Cette logique a permis aux agglomérations de devenir les centres de la vie des civilisations il y a environ 10 000 ans. C’est exactement le même mécanisme sur lequel on compte aujourd’hui dans les «clusters» d’entreprises et autres «pôles de compétitivité». Les (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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