Coronavirus : pourquoi la stratégie des tests de dépistage a échoué ?

Céline Deluzarche, Journaliste
·2 min de lecture

Tester, tracer, isoler : voilà la stratégie qui devait nous délivrer du virus au sortir du premier confinement. On sait ce qu’il en est advenu… Pour tenter de comprendre cet échec, des chercheurs de l'Inserm ont mené une étude épidémiologique portant sur la période du 13 mai au 28 juin, soit les sept semaines post-confinement. Vittoria Colizza et ses collègues ont estimé le nombre d'infections symptomatiques survenues en France à l'aide de modèles mathématiques, en croisant les données régionales des admissions à l'hôpital, des études sérologiques et l'analyse d'une base de données de suivi des symptômes autodéclarés.

Neuf patients symptomatiques sur dix passés sous les radars

Et ils ont constaté d’énormes trous dans la raquette : d’après leurs résultats, publiés dans la revue Nature, à peine 14.000 cas ont été officiellement enregistrés sur les 104.000 personnes qui ont déclaré des symptômes de la Covid-19 lors des sept semaines étudiées, ce qui signifie que neuf personnes sur 10 sont passées sous les radars. De plus, seuls 31 % des personnes présentant des symptômes de la Covid ont consulté un médecin, la plupart des malades se contentant de se soigner à la maison. Et l’on ne parle pas ici de toutes les personnes asymptomatiques, qui par définition ne sont pas détectées et qui représenteraient 17 % à 25 % des cas. « En fait, on n’a jamais contrôlé l’épidémie. L’Institut Pasteur nous dit que 10 % de la population a déjà rencontré le virus. Cela fait 6,5 millions en France métropolitaine, et on en a trouvé environ 2,2 millions », relève l’épidémiologiste Catherine Hill.

Tester, isoler, tracer : une stratégie vouée à...

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