Coronavirus : pourquoi il est impossible de prédire le pic de l'épidémie en France

Le nombre de cas de coronavirus Covid-19 continue d'augmenter en France. Le pic de l'épidémie n'a toujours pas été atteint et il est impossible de le prévoir.

Chaque jour en France, le bilan des personnes touchées par le coronavirus s'alourdit. La barre des 25 000 cas a été dépassée et plus de 1300 personnes en sont mortes alors que nous ne sommes pas encore au pic de l’épidémie.

Au fil des jours, la France enregistre de plus en plus de cas de Covid-19. Le bilan des personnes malades et des décès dûs au coronavirus s'alourdit alors que le pic de l’épidémie n’a toujours pas été atteint.

Le pic épidémique correspond au moment où la courbe illustrant le nombre de cas apparaissant chaque jour est à son sommet. On peut donc déterminer le pic de l’épidémie seulement à partir du moment où le nombre de nouveaux cas quotidiens diminue. Mais des chercheurs travaillent pour anticiper l'évolution de la propagation du nouveau coronavirus en tenant compte de plusieurs facteurs.

“Plusieurs pics”

Cependant, comme le rappelle Marc Gastellu-Etchegorry, épidémiologiste à Épicentre - Médecin sans frontières, il peut y avoir plusieurs pics lors d’une épidémie : “Si on prend l’exemple d’un territoire comme la France, dans une ville ‘moyenne’ particulièrement touchée par le virus, il y aura à un moment précis un pic épidémique dans cette ville. Mais à Paris, où il y a plus de gens que dans cette ville, le virus n’arrive pas au même moment donc le pic épidémique arrivera à un autre moment.” On peut prendre le même exemple à l’échelle mondiale où le pic en Chine était au début du mois de février, alors qu’il n’a sûrement pas encore été atteint au niveau international. “Il y a donc plusieurs pics, c’est pourquoi quand on considère une épidémie, il faut la définir dans un temps et un lieu donné.”

Comment anticipe-t-on le pic ?

Pour réussir à prévoir quand le pic épidémique interviendra, plusieurs facteurs sont à prendre en compte, explique l’épidémiologiste : “Il faut d’abord tenir compte du déroulement des premiers jours de l’épidémie, mais également des caractéristiques du virus.” Calculer l’impact des mesures de confinement sur la transmission du virus est également primordial, mais avec la période d’incubation du virus qui peut aller jusqu’à 14 jours, elles prennent plus de temps que prévu à être efficaces.

Avec tous ces facteurs, les chercheurs ont des modèles qui leur permettent de se projeter, mais ils ne sont pas infaillibles : “Beaucoup de progrès ont été faits avec ces modèles, mais leur grand défaut est qu’ils ne sont fiables à 100% que lorsqu’on a des données complètement valables, ce qui n’est pas le cas. On ne sait par exemple pas qui est réellement infecté, de nombreuses personnes étant malades sans le savoir. C’est pourquoi il faut interpréter tout cela avec prudence”, ajoute-t-il.

“On bénéficie de l’expérience des autres”

S’il est donc pour l’heure impossible de savoir quand exactement sera ce pic épidémique en France, plusieurs facteurs permettent d’être optimistes sur l’avancée des recherches : “Si on part sur l’hypothèse que les mesures de confinement sont efficaces, on peut s’attendre à un résultat au bout de 10 jours”, rapporte le docteur Gastellu-Etchegorry. Sans émettre d’hypothèse cette fois-ci, c’est la communication entre tous les pays du monde qui donne de bons espoirs dans la lutte contre le nouveau coronavirus : “C’est la toute première fois qu’il y a une coopération scientifique avec autant de partage d’informations, de données etc. On bénéficie de l’expérience des autres et même si c’était déjà un peu le cas avant, au niveau des échanges, nous sommes en réel progrès”, conclut-il.

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