Coronavirus: pourquoi la France ne prend pas la température des voyageurs en provenance de Chine

Pourquoi la France ne prend pas la température des voyageurs en provenance de Chine (photo d'illustration prise le 26 janvier à Roissy) (Photo: ALAIN JOCARD via Getty Images)

POLITIQUE - “Pensez à mettre une affiche sur votre porte d’entrée, comme dans les aéroports pour que le coronavirus ne rentre pas.” Depuis qu’il a été annoncé par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, le dispositif d’accueil des passagers en provenance de Chine dans les aéroports parisiens suscite la moquerie. Il semblait effectivement se résumer, dans un premier temps à des affiches d’informations placardées dans les terminaux, à l’arrivée des avions. 

Les passagers sont d’ailleurs les principaux surpris de la “légèreté” du dispositif. “On n’a pas eu de contrôle, je suis peut-être porteur du virus”, ironisait un expatrié français dimanche 26 janvier au matin à l’aéroport de Roissy. 

À la sortie de l’avion, “il y avait une dizaine de secouristes et deux-trois gendarmes”, raconte à l’AFP Claude Laubrieut, l’un des premiers Français à sortir du vol Air France en provenance de Shanghai peu avant 6 heures. “Ils nous ont donné des instructions assez sommaires. Il n’y avait pas de questionnaire ni de contrôle de température, ils n’ont même pas demandé d’où on venait en Chine”, explique ce père de famille qui était accompagné de sa fille. 

“Un symbole qui ne sert à rien”

Contrairement à d’autres pays, la France n’a effectivement pas mis en place de mesures de contrôles aux frontières des passagers venant de Chine, avec contrôle de leur température par caméra thermique.

Invitée du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro ce dimanche, Agnès Buzyn a expliqué que la France s’était alignée sur les recommandations de l’OMS qui juge “facultatifs” les contrôles de températures à la frontière en raison de leur inefficacité.

“Nous préférons, et c’est un choix français mais aussi préconisé par des experts européens et de l’OMS avoir des équipes médicales qui attendent les voyageuses et peuvent donner des conseils personnalisés à l’arrivée des avions”, a-t-elle expliqué.

Et la ministre de la Santé d’aller plus loin: “tous les experts s’accordent à dire que c’est une fausse sécurité. C’est un symbole qui ne sert à rien, à part faire plaisir à la population.”

Nombre d’experts soulignent effectivement que le contrôle aux frontières n’est pas une mesure infaillible, car des patients infectés mais ne présentant pas encore de symptômes peuvent passer entre les mailles du filet. “Il suffit d’avoir pris un peu d’aspirine dans l’avion pour ne pas être détecté”, explique encore la ministre en prenant comme exemple le cas des trois patients contaminés en France: “les trois malades n’auraient pas été repérés par les prises de température” puisqu’ils ont développé leurs symptômes une fois sur le territoire. Les premiers cas sur le vieux continent.

Agnès Buzyn dit d’ailleurs être tout autant attentive aux patients asymptomatiques (qui ne présentent aucun symptôme de la maladie) qu’à ceux ayant de la fièvre ou des difficultés respiratoires.

Dispositif finalement renforcé

“Nous avons aujourd’hui les premiers cas européens, probablement parce que nous avons mis au point le test très rapidement et que nous sommes capables de les identifier”, expliquait au passage Agnès Buzyn vendredi lors d’un point presse

Mais alors que l’arrivée du virus en France était confirmée, et que le ton du président chinois Xi Jinping se voulait plus inquiétant, les autorités françaises ont toutefois adapté leur dispositif

Une ”équipe médicale d’accueil” est ainsi mise en place à partir de ce dimanche 26 janvier à l’aéroport de Roissy, permettant notamment la prise en charge des personnes qui présenteraient des symptômes d’une infection par coronavirus, a annoncé le directeur général de la Santé.

“C’est une équipe spécifique que nous mettons en place, une équipe avec beaucoup de personnes pour pouvoir répondre au flux”, a précisé Jérôme Salomon, rappelant que “de nombreux vols arrivent tous les jours en provenance de plusieurs villes de Chine”.

Au total, près de 2000 personnes ont été contaminées dans le pays, où 56 sont mortes, selon le dernier bilan officiel.

Malgré tout, les autorités françaises continuent de se montrer rassurantes quant à la propagation et la dangerosité de ce virus. “Le scénario que nous craignions au début, d’une maladie très sévère, est en train de s’éloigner”, a déclaré l’épidémiologiste Daniel Lévy-Bruh, responsable de l’unité des infections respiratoires de Santé publique France, samedi sur BFMTV. En revanche, le virus semble se transmettre plus facilement que prévu. 

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