Coronavirus : pourquoi les Français se ruent-ils sur les pâtes et le pain ?

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Face à la crise sanitaire, les Français ont fait le plein de pâtes. Le pain et les oeufs sont également très recherchés.
Face à la crise sanitaire, les Français ont fait le plein de pâtes. Le pain et les oeufs sont également très recherchés.

Depuis que la crise sanitaire liée au coronavirus a pris de l’ampleur en France, les rayons pâtes ont été dévalisés. Les oeufs et le pain sont également victimes de leur succès. Pourquoi sont-ils privilégiés ?

Difficile de l’ignorer si vous êtes allé faire vos courses ces derniers jours : les rayons pâtes des supermarchés sont dévalisés. Les oeufs et le pain ne s’en sortent pas beaucoup mieux. D’infinies files d’attente se sont formées près des boulangeries. De quoi convaincre le ministère du Travail d’autoriser l’ouverture de ces commerces 7 jours sur 7. Du jamais vu depuis près de 100 ans.

Mais pourquoi les Français se ruent-ils sur ces denrées plus que sur le reste ? Tout d’abord, parce que ces aliments - les pâtes en tête - sont stockables, comme le précise Jean-Pierre Poulain, sociologue et anthropologue, et qu’ils ne coûtent pas très cher.

Le blé au coeur de l’alimentation

“Ce sont des aliments centraux de notre modèle, ceux qui apportent de l’énergie”, nous décrit le spécialiste. La consommation de féculents a d’ailleurs fait un bond ces trente dernières années, “car ils ont été mis en avant pour des raisons nutritionnelles”, décrit Pascale Hébel, directrice du pôle Consommation et entreprise du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie).

Mais pourquoi privilégions-nous les pâtes plutôt que le riz ou la semoule ? Traditionnellement, “les denrées à base de blé - le pain et les pâtes, donc - ont toujours été au coeur des repas des Français”, précise-t-elle.

En temps normal, le pain est même “l’un des produits les plus consommés par les adultes”, rapporte Pascale Hébel. Logique, donc, qu’on se tourne aussi vers la baguette en temps de crise. “Il y a également un phénomène de réactivation des aliments centraux, ce qu’on appelle la core food en anglais”, soit la “nourriture essentielle”, renchérit Jean-Pierre Poulain.

Quant aux oeufs, après un bref passage dans le camps des aliments à éviter à cause du cholestérol, ils font leur grand retour chez ceux qui mangent moins de viande. Rien que du très logique, donc, dans les choix des Français au moment de faire leurs courses pré-confinement.

Une évolution des habitudes

Une ruée sur la nourriture du même genre avait déjà eu lieu pendant la Guerre du Golfe, en 1990. Mais, à l’époque, les achats étaient bien différents, car, en à peine trois décennies, nos habitudes ont beaucoup évolué. À l’époque, “ce qui était stocké en premier lieu, c’était le sucre, la farine et l’huile : les produits de base qui permettaient de faire la cuisine”, nous rappelle Pascale Hébel. “De nos jours, on fait de moins en moins de choses soi-même”, poursuit-elle. Les rayons vides sont donc la traduction de notre façon de consommer.

Si la ruée vers les denrées alimentaire relève, en partie, d’une “peur irrationnelle de manquer”, il est vrai aussi qu’en cette période de confinement où chacun reste chez soi, “on rapatrie sur le foyer tous les repas que l’on mangeait à l’extérieur. Il y a dont objectivement une augmentation du besoin”, analyse Jean-Pierre Poulain.

Pour autant, le gouvernement et la grande distribution s’accordent à dire qu’il n’y a aucun risque de pénurie alimentaire.

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