Coronavirus : les policiers invités à enlever leur masque de protection, les syndicats s'insurgent

Un policier muni d'un masque procède au contrôle des attestations, sur le marché parisien de Barbès, le 18 mars 2020.

“Sur instruction, il est demandé aux effectifs déployés sur le terrain de retirer les masques de protection”, ont pu entendre les policiers dans leur radio, ce mercredi.

Les policiers, appelés à multiplier les contrôles des attestations depuis le début du confinement, peuvent-ils porter un masque de protection ? Non, apparemment, puisqu’un message leur a été envoyé sur les ondes, les appelant à “retirer les masques de protection”, comme l’illustre une vidéo publiée par un journaliste de BFM et par plusieurs syndicats.

Une décision qui suscite la colère de plusieurs syndicats policiers. Denis Jacob, secrétaire général d’Alternative Police dénonce “l’amateurisme des autorités”. “Qu’on fasse de la pédagogie ! Qu’on dise aux agents que cela ne sert à rien d’avoir un masque si ce n’est pas un FFP2, mais publier un message comme celui-ci, ça fait peur aux agents”, dénonce-t-il.

“Si des milliers de policiers sont malades, on fera comment ?”

L’inquiétude, c’est si le confinement venait à se prolonger, et que les policiers ne puissent porter de masque de protection. “La semaine dernière, on a eu sept cas de Covid-19 à la brigade des réseaux ferrés, conséquence, 400 policiers ont été confinés. Si les contrôles se poursuivent sans masque, des milliers policiers seront malades et confinés. On fera comment ?”, s’interroge le secrétaire général d’Alternative Police. Il réclame que les policiers au contact soient munis de masques FFP2 et de gants, pour procéder aux contrôles des attestations.

Même son de cloche du côté d’Unité SGP Police FO. Sa déléguée nationale, Linda Kebbab, s’inquiète des conséquences sanitaires d’une telle décision.

Une inquiétude déjà partagée il y a plusieurs semaines, nous confie Denis Jacob. II rappelle avoir déjà alerté de la situation au sujet des policiers chargés des contrôles des cars à la frontière avec l’Italie. “Après une réunion d’urgence avec l’ARS et la préfecture, on nous a dit qu’il était utile de les équiper de moyens de protection. Mais le ministère nous l’a refusé, expliquant qu’on sur-interprétait la situation. Et un mois après on se retrouve en confinement général”, s’indigne le secrétaire général du syndicat Alternative Police.

Interrogé sur les protections sanitaires pour les forces de l’ordre mardi, jour de mise en place du confinement, le préfet de police de Paris Didier Lallement rappelait qu’”il n'est pas nécessaire que les fonctionnaires de police portent des masques en dehors de cas de contact. C'est la doctrine affirmée par le gouvernement déjà depuis plusieurs jours. Bien évidemment, nous la respectons parce qu'elle est totalement efficace".

Mercredi matin, au marché de Barbès à Paris par exemple, de nombreux fonctionnaires de police qui procédaient au contrôle des attestations, en étaient équipés, comme nous avons pu le constater sur place.