Coronavirus : Peter Turnley, un photographe sur le front

Par Baudouin Eschapasse
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Peter Turnley a entamé, au printemps, un travail de longue haleine sur l'épidémie de Covid-19, en cours. 
Peter Turnley a entamé, au printemps, un travail de longue haleine sur l'épidémie de Covid-19, en cours.

La fenêtre de son appartement parisien domine un panorama sublime : les toits de la capitale. Chaque jour, Peter Turnley contemple cet océan gris en prenant son café depuis un petit balcon en forme de hune. Selon l'heure et la météo, la lumière se reflète différemment sur le zinc. Le reporteur de guerre, qui vient de fêter ses 65 ans, s'amuse du parallèle que l'on pourrait faire entre l'humeur changeante des Parisiens et la couleur des ciels qui se réverbèrent à ses pieds. Il semble un expert en la matière. Et pour cause ! Depuis son arrivée en France, en 1978, Peter Turnley a toujours vécu au dernier étage. « J'ai besoin d'horizons dégagés », justifie-t-il. Depuis la chambre de bonne qu'il occupait sur l'Île de la Cité, en 1978, il n'a vécu que dans des « nids d'aigles ». Le dernier en date est au c?ur du Marais.

Né à Fort Wayne, dans l'Indiana, au c?ur de ce modeste État dont il a craint qu'il ne reconduise Donald Trump à la Maison-Blanche, Peter Turnley s'est fait un nom, comme son frère David, lui aussi photoreporteur, en parcourant le monde quarante ans durant pour le compte du magazine Newsweek. De l'assassinat d'Indira Gandhi, en octobre 1984, à la fin de la guerre en Irak, en 2011, en passant par la chute du mur de Berlin ou encore la désintégration de la Yougoslavie, il a vécu, de l'intérieur, toutes les crises majeures de ces dernières années. En Somalie, au Rwanda, en Tchétchénie comme en Afghanistan, il a toujours été en première ligne. « Pendan [...] Lire la suite