Coronavirus: le Pérou entame un déconfinement partiel malgré une situation inquiétante

Avec près de 300 000 cas et plus de 9 500 morts, le Pérou compte toujours parmi les six pays les plus touchés par le coronavirus dans le monde. Pourtant, le pays entame un déconfinement partiel ce mercredi 1er juillet. La quarantaine est levée dans plus de la moitié du Pérou (18 des 25 régions), dont la capitale, qui concentre 60% des cas de coronavirus du pays. 

Avec notre correspondante à Lima, Wyloën Munhoz-Boillot 

Si Lima compte près de 160 000 cas de coronavirus, la courbe est en baisse dans la capitale, selon les autorités, tout comme dans le nord-est du Pérou. Mais pour le Dr Ciro Maguiña, membre du comité d’experts Covid-19 du ministère de la Santé, ce sont avant tout des considérations économiques qui ont conduit le gouvernement à lever la quarantaine dans une grande partie du pays. « Il fallait réactiver l’économie, car la quarantaine était devenue intenable. Elle ne fonctionnait plus que de manière partielle », explique-t-il.

En effet, depuis plusieurs semaines déjà, les Péruviens étaient nombreux à braver le confinement par nécessité. Au Pérou, 70% des travailleurs dépendent du secteur informel, c’est-à-dire qu’ils vivent au jour le jour. Sans compter ceux qui ont perdu leur emploi pendant la pandémie. Rien qu’à Lima, cela concerne plus de deux millions de personnes.

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Mais pour le Dr Maguiña, avec ce déconfinement, une deuxième vague est inévitable. « La deuxième vague va arriver, déplore-t-il. Pour la minimiser, il faut appliquer deux stratégies : traiter les cas légers et éviter les contaminations communautaires, c’est-à-dire que si une personne est infectée, elle doit être mise à l’isolement pendant 14 jours dans un hôtel payé par la municipalité pour éviter de contaminer son entourage ».

Pour limiter au maximum les risques de contagion, le port du masque et le respect des gestes barrières restent obligatoires. Le couvre-feu est également maintenu tous les jours à partir de 22h. Quant aux frontières, elles restent fermées, donc toujours pas de vols internationaux, et ce au moins jusqu’à la fin de l’état d’urgence le 31 juillet.