Covid-19 : comment parler aux enfants du Noël particulier qui s'annonce ?

Lucile Descamps
·5 min de lecture
Comment aborder le sujet de Noël avec les enfants, en cette période de crise sanitaire du coronavirus ?
Comment aborder le sujet de Noël avec les enfants, en cette période de crise sanitaire du coronavirus ?

Quelles que soient les mesures qui seront imposées par le gouvernement, ce Noël 2020 sera bien différent des autres. Si les adultes s’en doutent déjà, comment aborder le sujet avec ses enfants, et quand leur en parler ?

Les mesures précises pour fin décembre ne sont pas encore connues, mais on sait déjà que le Noël de l’année 2020 sera particulier. Cercle familial restreint, déplacements réduits, budget plus serré... Même si les règles qui seront en vigueur les 24 et 25 décembre sont pour l’heure encore à l’étude par le gouvernement, nul doute que le coronavirus va changer les habitudes. Si les adultes se préparent à vivre des fêtes de fin d’année différentes, comment aborder le sujet avec les plus jeunes ?

Quand en parler ?

Pour l’heure, c’est encore un peu tôt. “Les plus jeunes n’ont pas forcément conscience de ce qu’il va se passer à Noël, c’est tout de même dans plus d’un mois”, ce n’est donc pas la peine d’aborder le sujet dès maintenant si l’enfant n’en parle pas de lui-même, estime Florence Millot, psychologue pour enfants, et auteure de Comment parler à ses enfants. “La question peut, cependant, être d’ores et déjà abordée avec les adolescents”, ajoute de son côté Stéphane Clerget, pédopsychiatre et auteur de “Ados, le décodeur” avec Estelle Denis.

En revanche, la première évocation du sujet des cadeaux est l’occasion d’expliquer aux enfants qu’au vu de la situation - avec la fermeture actuelle des magasins de jouets, notamment - ils risquent de ne pas tout avoir le jour de Noël, mais que la fête pourra être différée si besoin. “Les enfants comprennent très vite, il faut juste en parler d’emblée lorsqu’ils évoquent la question”, commente Florence Millot.

Par ailleurs, il faut être méfiant si les enfants se retrouvent devant les informations. “Il peut y avoir des malentendus, l’enfant peut imaginer que Noël est supprimé”, met en garde Stéphane Clerget. Or, “dans la mesure où c’est un événement ritualisé, la disparition de Noël signifierait qu’on est dans une situation très grave, c’est ça qui peut être préjudiciable”, poursuit-il. En cas de doute, il faut bien réaffirmer aux enfants que Noël aura lieu, même s’il s’annonce différent.

Comment en parler ?

“Ce n’est pas la peine d’en parler sans arrêt, il suffit de mentionner une fois le fait qu’on va probablement rester sur la même lancée dans les prochaines semaines, avec moins de déplacements et de contacts, et que les choses à Noël seront différentes de d’habitude”, nous explique la psychologue Florence Millot. D’autant que les enfants, même les plus jeunes, sont désormais bien au courant de la situation sanitaire.

“Mais tout de suite, on rassure en expliquant que Noël aura tout de même lieu et que le père Noël passera bien”, complète, de son côté, le pédopsychiatre Stéphane Clerget. Comme il nous l’explique, l’important pour les enfants, c’est d’être avec leurs parents, qu’il y ait la décoration, le sapin, le repas de Noël et les cadeaux.

Florence Millot rassure également sur la réception de cette nouvelle : “comme ce n’est pas une décision des parents, mais qui concerne le pays dans son ensemble, la déception n’est pas la même, parce qu’elle est vécue par tout le monde”.

VIDÉO - Reconfinement : un Noël particulier pour les fabricants de jouets

Montrer des choses positives

Le principal conseil de la psychologue Florence Millot, c’est avant tout de donner un côté à la fois concret et positif au sujet. L’idée, c’est de cultiver la “magie de Noël” malgré la situation particulière. “On peut faire les décorations soi-même, réfléchir à un menu qui ferait plaisir aux enfants, décider de préparer avec eux le dessert...”, conseille la spécialiste. “Ce qui est positif pour l’enfant, c’est de passer un moment de qualité avec ses parents ou ses frères et soeurs, ça passe par des activités partagées, autres que le visionnage d’un DVD”, poursuit-elle.

Comme nous le rappelle Stéphane Clerget, “plus l’enfant est jeune, plus il est sensible à l’ambiance autour de lui”. Donc si les adultes montrent leur tristesse, “l’enfant sera touché, de manière indirecte”.

Utiliser les outils à disposition face à l’absence

L’une des principales particularités de cette année sera probablement le fait que les réunions familiales se feront en comité plus restreint. Ce qui peut donc se traduire par l’absence des grands-parents, oncles et tantes, cousins et cousines.

Selon les liens, un manque peut se faire sentir chez les enfants. Plus particulièrement à cette date puisque c’est “un point de fixation, c’est-à-dire un moment dont on se souvient davantage”, décrit Stéphane Clerget. La solution est d’utiliser les outils à notre disposition. Faire des appels vidéos avec les membres de la famille absents, proposer aux enfants de leur envoyer des décorations de Noël ou des biscuits qu’ils auront confectionnés eux-mêmes, par exemple.

“L’important, c’est que les enfants n’aient pas l’impression qu’il n’y ait pas de Noël”, conclut Stéphane Clerget. Même si la fête sera probablement très différente des autres années, il suffit donc d’en conserver l’esprit pour que les enfants l’acceptent bien.

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