Coronavirus : une mutation du virus qui interroge

À l'Institut Pasteur, là où a été décodé en janvier pour la première fois en France le génome du nouveau coronavirus, Vincent Enouf et son équipe surveillent ses mutations, des variations génétiques très fréquentes. Celles-ci sont rassemblées dans la base de données internationale de référence. "Tous les virus aujourd'hui que l'on détecte ont tous subi des mutations. Les mutations, c'est la vie du virus, c'est son système d'adaptation", explique Vincent Enouf, virologue au Centre national de référence des virus respiratoires. Une mutation sur la protéine de surface Pour le spécialiste, rien ne prouve que les mutations détectées en Angleterre dans une région de diffusion active aient rendu le virus plus contagieux : "On dit qu'il s'est dispersé beaucoup plus vite, mais est-ce que ça ne serait pas plutôt une personne, ce qu'on appelle les 'super-spreaders', qui aurait provoqué cette super-diffusion du virus ? [...] Tout ça doit être vérifié." Les mutations repérées en Angleterre portent sur la protéine de surface ; or, il s'agit de celle ciblée par les vaccins. Leur efficacité est-elle remise en cause ? Marie-Paule Kieny, virologue et présidente du Comité vaccin Covid-19, se veut rassurante : "Le variant britannique est le dernier en date pour lequel on se pose des questions. [...] Mais il ne faut pas conclure que la présence de ce variant pourrait empêcher l'efficacité des vaccins".