Coronavirus : une mutation génétique liée à la démence multiplierait le risque de souffrir d'une forme grave

Coronavirus : une mutation génétique liée à la démence multiplierait le risque de souffrir d'une forme grave

Une étude a constaté que les personnes atteintes de démence avaient un risque supérieur de développer une forme sévère du Covid-19. La faute à un gène.

Et si un lien existait entre le gène de la démence et le risque de souffrir du coronavirus ? Une étude, publiée dans le Journal of Gerontology Medical Sciences et relayée par le Daily Mail, assure qu’avoir un gène défectueux lié à la démence pouvait doubler le risque de contracter la Covid-19. En effet, selon les chercheurs, les porteurs du gène APOE e4 seraient davantage susceptibles de présenter un cas grave de Covid-19 que ceux porteurs d'une variante plus courante. Ce gène est déjà connu pour augmenter jusqu’à 14 fois le risque de souffrir de la maladie d’Alzheimer. Afin d’établir ce lien, les chercheurs ont analysé les donnés de 40 000 Britanniques âgés de 48 à 60 ans. Au Royaume-Uni, près d'une personne sur cinq qui est décédée à cause du coronavirus souffrait également de démence, la forme la plus courante d'Alzheimer, rapporte le Daily Mail.

Pour cette étude, les chercheurs de d'Exeter et de l'Université du Connecticut ont analysé les données de 500 000 participants de la biobank britannique. Précisément, les scientifiques ont examiné le gène APOE dont il existe trois variantes. “Dans cette analyse, 69% avaient deux copies de la variante e3, le génotype le plus courant. Quelque 28% possédaient une copie de la variante e4 et trois pour cent possédaient deux copies de la variante e4, connue sous le nom de génotype e4e4”, détaille le Daily Mail.

Le génotype mis en cause

Résultat ? Avoir le génotype e4e4 augmenterait le risque de contracter une forme sévère de la maladie de 2,3 fois par rapport à e3e3. Le fait d'avoir un seul exemplaire de la variante e4 a augmenté le risque de 14%. Selon l’auteur principal, le Pr David Melzer, ces résultats apportent des précieuses informations sur la transmission du virus : “Plusieurs études ont maintenant montré que les personnes atteintes de démence encourent un risque élevé de développer un COVID-19 sévère. Cette étude suggère que ce risque élevé n'est peut-être pas simplement dû aux effets de la démence, l'âge, la fragilité ou à l'exposition au virus mais pourrait être en partie lié à ce génotype sous-jacent, qui expose à la fois à un risque plus élevé de démence et de COVID-19”.

Les patients pourraient être décédés en raison d’une génétique les exposant davantage au virus et non pas à cause de leur démence. “C'est également important car cela montre une fois de plus que l'augmentation des risques de maladie qui semblent inévitables avec le vieillissement pourrait en fait être due à des différences biologiques spécifiques, ce qui pourrait nous aider à comprendre pourquoi certaines personnes restent actives jusqu'à l'âge de 100 ans et au-delà, tandis que d'autres deviennent handicapées et meurent à soixante ans”, a expliqué le premier auteur de l’étude, le Dr Chia-Ling Kuo.