Coronavirus et municipales : les mesures de protection sont-elles utiles ?

Des mesures ont été dévoilées pour éviter les risques sanitaires liés au nouveau coronavirus lors des élections municipales.

Des mesures ont été mises en place pour sécuriser les élections municipales face au nouveau coronavirus. Certaines mairies se préparent de leur côté. Ces précautions sont-elles utiles ?

Le président l’a confirmé une fois de plus lors de son allocution télévisée du 12 mars : les élections municipales auront bel et bien lieu ces 15 et 22 mars. Mais des mesures ont été annoncées afin “d’assurer la protection sanitaire” des citoyens.

Parmi elles, l’aménagement des bureaux de vote afin que les électeurs soient maintenus “à une distance suffisante de chaque personne (...) (1 mètre environ)”. Une bonne chose, selon Gérald Kierzek, médecin urgentiste et chroniqueur chez LCI/TF1. “On sait que le virus, globalement, ne va pas à plus d’un mètre”, confirme-t-il, “on devrait d’ailleurs aussi faire ça dans les files des supermarchés”.

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Des réflexes de base

“Chaque bureau de vote devra prévoir un point d’eau afin de se laver les mains (...) ou, à défaut, mettre à disposition du gel hydro-alcoolique”, précise également le communiqué de presse du ministère de l’Intérieur. Là encore, il s’agit de l’un des réflexes de base à adopter. “Le gel hydro-alcoolique, c’est bien, mais ça ne dispense pas du lavage de main”, nous précise le médecin urgentiste, qui conseille de se laver les mains en partant de chez soi, d'utiliser du gel hydro-alcoolique au bureau de vote, et de se nettoyer à nouveau les mains au savon de retour chez soi. 

L’autre réflexe à adopter, évidemment, “c’est de ne pas se serrer la main, ni se faire la bise”, rappelle le docteur Gérald Kierzek. Or, le bureau de vote peut être un endroit de  convivialité, “donc, ça va être un vrai effort”.  

Le spécialiste recommande de porter un masque en cas de légère toux, mais aussi pour les assesseurs, qui seront en contact avec les votants toute la journée. Encore faut-il en trouver, bien sûr.

Venir avec son propre kit de vote

Le ministère de l’Intérieur préconise également de prendre son “propre stylo d’encre bleue ou noire indélébile”. Les plus organisés peuvent aussi apporter leurs bulletins de vote, envoyés à domicile quelques jours avant l’élection, complète l’urgentiste. 

Des mesures ont également été prises localement. La ville de Montpellier a par exemple commandé 320 000 stylos. “C’est symbolique”, estime Gérald Kierzek, “car si les crayons sont dans une boîte, il faut mettre sa main dedans pour en attraper un… et donc potentiellement contaminer les autres”. 

À Nantes, des gants seront mis à disposition des bénévoles chargés du dépouillement. Une “fausse bonne idée” pour le médecin. “Vous avez l’impression que c’est un rempart, sauf que le virus est sur les gants et que vous allez toucher des choses avec, vos vêtements par exemple…”, détaille-t-il.

Certes, “le risque 0 n’existe pas”. Mais “il est loin d’être délirant, un bureau de vote n’est pas un bouillon de culture”, relativise le docteur Gérald Kierzek. “Ce n’est pas plus dangereux que d’aller faire ses courses par exemple”, estime l’urgentiste, qui rappelle tout de même les règles d’or : se laver les mains, respecter la distance, ne pas se serrer la main ni se faire la bise, et porter un masque en cas de toux. De quoi vous permettre d’aller voter sereinement.

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