Coronavirus: Une morgue improvisée dans une patinoire de Madrid

MADRID (Reuters) - Le premier corbillard est arrivé mardi à la patinoire de Madrid transformée à la hâte en morgue pour accueillir les victimes de l'épidémie de coronavirus, qui s'accélère en Espagne.

Deuxième pays le plus touché d'Europe après l'Italie, l'Espagne totalisait mardi 2.696 décès et près de 40.000 cas confirmés, dont 14% concernent le personnel soignant.

Plus de 500 décès et 6.600 nouveaux cas ont été dénombrés au cours des 24 dernières heures, ce qui est sans précédent depuis le début de la crise.

Faute de place dans les installations existantes, les autorités ont donc accepté de convertir la patinoire olympique du Palacio de Hielo (Palais de la Glace) en morgue.

Une enquête judiciaire avait été ouverte la semaine dernière après la découverte, signalée par la ministre de la Défense, Margarita Robles, de corps laissés sans surveillance dans des maisons de retraite. Elle n'a pas précisé les causes de ces décès, mais 179 de ces établissements ont été désinfectés lundi par l'armée et 96 autres devaient l'être mardi.

Selon Rafael Aguilera, maire d'Alcala del Valle, petite localité d'Andalousie, 38 des 42 résidents de la maison de retraite locale ont contracté le coronavirus, tout comme 60% du personnel.

"Le virus ne tue pas (...) Ce qui tue, c'est le système", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse. "Nos aînés ont besoin maintenant d'une solution permanente. Nous avons besoin d'oxygène, d'ambulances et d'hôpitaux. Une personne est morte dans nos bras parce que nous ne pouvions pas obtenir d'oxygène", ajoute-t-il dans une vidéo publiée sur la page Facebook de la ville.

La capitale espagnole est longtemps restée le foyer principal de l'épidémie, avec une moitié environ des cas dénombrés à l'échelle nationale, mais elle n'en comptait plus qu'un tiers mardi, ce qui signifie qu'elle s'est désormais propagée à tout le pays.


(Emma Pinedo, Inti Landauro, Raul Cadenas, Julien Hennequin, Joan Faus, version française Jean-Philippe Lefief, édité par Jean-Stéphane Brosse)