Coronavirus : des médecins dénoncent le racisme anti-asiatique

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Les inquiétudes autour du Coronavirus sont de plus en plus fortes. Au point, parfois, de conduire à la paranoïa et même au racisme.
Les inquiétudes autour du Coronavirus sont de plus en plus fortes. Au point, parfois, de conduire à la paranoïa et même au racisme.

Alors qu’il se répand aux quatre coins du monde, le nouveau coronavirus n’en finit pas de créer l’inquiétude. Au point de conduire, parfois, à la paranoïa et même au racisme.

Depuis le début du mois de janvier, le nouveau coronavirus venu de la ville de Wuhan, en Chine, est au coeur des discussions. Le bilan s’élève désormais à plus de 360 morts et des cas ont été recensés aux quatre coins de la planète. L’OMS a même déclenché l’état d’urgence internationale. Cette maladie encore mystérieuse concentre toutes les inquiétudes. Au point, parfois, de conduire à la paranoïa et même à la xénophobie.

Moqueries et évitement

Une situation que constatent presque quotidiennement les médecins généralistes, à l’instar de Pierre M., qui exerce dans la banlieue de Toulouse. Le fils d’une de ses patientes, dont le mari est d’origine vietnamienne, est victime de racisme depuis une dizaine de jours. Étant métis, le collégien subit “des moqueries voire même carrément des démonstrations d’évitement”, relate le médecin de la famille. L’adolescent fait face à des remarques aussi violentes que : “ne me touche pas, sale Chinois”.

En consultation, “on entend des questions sur le sujet, ce qui est normal”, raconte-t-il. Mais “certains ont commencé à tomber dans les théories du complot” et dans le racisme. Un racisme qui s’exprime aussi sur les réseaux sociaux.

Un flou propice aux dérapages

Face à ces dérapages, les membres du Syndicats national des jeunes médecins généralistes ont décidé de “faire un rappel à la réalité scientifique”. Avant toute chose, “pour l’instant, le virus ne se diffuse pas en France”, entame le docteur toulousain. Il y a des malades dans l’Hexagone, mais tous ont été contaminés en Chine, “excepté un médecin”, rappelle-t-il.

Il existe forcément des risques de contamination, mais ils sont exceptionnels. “Il faut être en contact proche avec quelqu’un qui était, il y a moins de deux semaines, dans l’une des régions à risque de Chine”, précise le spécialiste. La transmission est relativement semblable à celle de la grippe : un contact à moins de deux mètres avec un malade qui tousse, éternue et diffuse le virus, ou un contact avec un objet comme un mouchoir.

Si le coronavirus 2019-nCoV concentre à ce point les inquiétudes, c’est qu’il est encore entouré de beaucoup d’inconnus. “Comme on ne connaît pas encore tout à son sujet, on ne peut pas trop en dire. Or, le flou est propice à tous les dérapages”, constate le médecin généraliste, qui tient également à rappeler que la création d’un nouveau virus dans la nature est un processus tout à fait normal qui se produit régulièrement. “Si certains passent inaperçus, d’autres sont à l’origine de maladies épidémiques”, poursuit-il. Des rappels scientifiques qui calmeront peut-être les esprits.

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